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Artys

Revue axée sur les Arts Plastiques

Publié par Stéphane Richard sur

Pierre Sgamma nous propose un ensemble de sculptures en céramique « Raku » (ce qui signifie « plaisir » ou « jouissance spirituelle ») pour le moins éclectiques au sein duquel de magnifiques chevaux avec ou sans cavalier côtoient des entités à la limite de l’humain et où des signes religieux et des crânes semblent se disputer la primauté dans une scénographie bouillonnante de vie et protéiforme et où les contes de notre enfance surgissent (voir la cosmonaute rouge et le grand méchant loup) de façon inattendue.

L’univers singulier et mystérieux de Pierre Sgamma est un monde où le réel et l’imaginaire s’affrontent dans un combat épique quelque peu chaotique et où le paganisme et les anciennes croyances s’en donnent à cœur joie. L’être humain, l’animal, la vie, le sexe, la mort et la religion se chahutent et s’entremêlent dans une fantaisie joyeuse et nous plongent dans une atmosphère surréaliste imprégnée d’humour (noir parfois). Ses sculptures, porteuses et révélatrices d’émotions troubles nous renvoient à nos propres rêves, peurs et autres fantasmes plus ou moins enfouis et font office de maïeutique de ce qu’il y a de plus intime en nous.

Stéphane Richard

Pierre Sgamma
Pierre Sgamma
Pierre Sgamma
Pierre Sgamma
Pierre Sgamma
Pierre Sgamma
Pierre Sgamma
Pierre Sgamma

Galerie Loïc Vallée. 12 rue Jean-Jaurès. Nantes.

Du mardi 18 juin au samedi 20 juillet 2013.

Du mardi au vendredi de 10h30 à 13h00 et de 15h30 à 19h00.

Le samedi de 11h00 à 18h30.

Publié par Stéphane Richard sur

Vivant entre Paris et Stockholm (suédoise d’origine, elle se ressource régulièrement auprès des forêts de son enfance), Katarina Axelsson peint d’après nature à Yport en Normandie où elle a installé son atelier au milieu du Bois des Quarante Acres, lui permettant ainsi d’être immergée au plus près de sa thématique de prédilection. Les sous-bois, les arbres, les fleurs, les mousses, les étangs et autres marécages ou flaques d’eau qu’elle peint de façon toujours renouvelée sont une ode à cette nature sauvage à la fois si proche et pourtant si profondément mystérieuse. Il se dégage de ces paysages sylvestres une force pérenne et prégnante très ancienne qui nous touche au plus profond.

Ses peintures, véritables creusets picturaux alchimiques aux innombrables  nuances de vert se mêlant au gris, au gris bleuté, au marron, parsemées de touches de bleu, de jaune ou de violet, et enrichies, à certains endroits de véritables brins d’herbe, sont l’expression de la quête inlassable de l’artiste de l’essence même de la nature et des liens étroits qui unissent celle-ci et la création artistique. Ces bois, entre ombres et transparences, entre fluidité et densité impénétrable, s’ouvrant parfois sur de magnifiques ciels bleus azurés et lumineux de blanc, sont une parfaite métaphore de la psyché humaine. Ses compositions matiéristes, aux pigments visibles, ressemblant sur certains tableaux à de l’écorce d’arbre, grouillant de vie végétale, et dotées d’une profondeur singulière, fantastique même, où l’air vibre et où les ombres et les lumières jouent avec les arbres et la végétation, sont le fruit de l’imaginaire  foisonnant de pensées secrètes de l’artiste et effleurent de par leur authenticité notre intimité la plus enfouie. Nous devenons spectateurs attentifs, happés hors du temps par une force mystérieuse qui émane du tableau, en osmose avec la nature originelle et enchanteresse.

Stéphane Richard

Katarina Axelsson
Katarina Axelsson
Katarina Axelsson
Katarina Axelsson
Katarina Axelsson
Katarina Axelsson
Katarina Axelsson
Katarina Axelsson

Galerie Le Garage. 32 bis rue Scribe. Nantes.

Du jeudi 10 octobre au samedi 2 novembre 2013.

Du mardi au samedi de 14h00 à 18h00.

Publié par Stéphane Richard sur

Environnés de cascades, d’eaux gelées, de neige, de rivières et de ruisseaux, enveloppés par le brouillard, la pluie ou la pureté d’une atmosphère originelle et émerveillés par de fascinantes lumières qui nous dévoilent la beauté majestueuse des montagnes, des glaces et des vallées, le vent nous frôle, joue, danse avec nous et la solitude nous rassérène face à l’immensité et à la prégnance de ces paysages vierges de toute construction ou dégradation.

Nous accompagnons la photographe Ambre de l’AlPe et ressentons dans ces immensités propices à l’onirisme et à la méditation ce que nous pourrions être (et sommes de toute éternité) : des créatures en parfaite symbiose avec la nature. Quand l’errance au sein de la nature devient (dé)marche spirituelle (au sens de vie de l’esprit et du corps) et création artistique.

Stéphane Richard

Copyright: Ambre de l'AlPe.
Copyright: Ambre de l'AlPe.
Copyright: Ambre de l'AlPe.
Copyright: Ambre de l'AlPe.
Copyright: Ambre de l'AlPe.
Copyright: Ambre de l'AlPe.
Copyright: Ambre de l'AlPe.

Copyright: Ambre de l'AlPe.

Vous pouvez voir les photographies d'Ambre de l'AlPe sur Facebook (Ambre de l'AlPe Photographies) et sur www.ambredelalpe.com.

Publié par Stéphane Richard sur

Profondément passionnée par l’acte de peindre, Laurence Le Claire pratique son art avec assiduité et forge son propre langage pictural. La joliesse ne l’intéresse pas. Ce qui la motive, c’est la vérité. La vérité dans toute sa nudité, avec ses moments d’éclaircie mais aussi ses ombres. Qu’il s’agisse d’un visage ou d’un corps, elle ne triche pas avec la réalité, elle ne l’embellit pas, elle le montre tel qu’il est, avec ses défauts et ses qualités. Les aléas du geste de peindre lui-même provoquent des tâches et des coulures auxquelles elle ne touche pas tant elles semblent y trouver naturellement leur place. Sa peinture est expressionniste, à fleur d’âme et de peau.

A d’autres moments, le geste s’apaise et les figures s’épanouissent sereinement dans un environnement où nulle trace de tension ne subsiste. Certaines d’entre elles tendent même à s’évanouir dans les couleurs et seuls les yeux percent d’une profonde intensité qui interroge, ou même invite à une conversation, celui qui regarde. Puis, elles disparaissent jusqu’à se fondre dans la peinture elle-même et confinent ainsi à une quasi abstraction.

Sa peinture affirme l’humain dans toutes ses composantes et les couleurs posées avec rapidité sur la toile ne souffrent pas le compromis. Qu’elles soient chaudes ou qu’elles soient froides, elles nous dévoilent la véracité de l’âme humaine derrière les apparences. Sa peinture est une quête inlassable de ce qu’il y a d’authentique et de singulier en chacun d’entre nous.

Stéphane Richard

Laurence Le Claire
Laurence Le Claire
Laurence Le Claire
Laurence Le Claire
Laurence Le Claire
Laurence Le Claire

Atelier Expo. 14 rue Joseph-Caillé. Nantes.

Du mardi 9 au dimanche 14 juillet 2013. Exposition collective.

Ouvert tous les jours. De 10h30 à 14h00 et de 15h00 à 19h00.

Publié par Stéphane Richard sur

Dans ses dessins à l’encre, Isabelle de Belle Isle crée des êtres imaginaires, déforme des instruments de musique et des objets, nous fait part d’états d’âme, de situations, nous transporte dans des lieux imaginaires ou réels et nous fait rencontrer des personnages connus et inconnus. Qu’elle n’utilise que l’encre noire ou y insère des encres de couleur (orange, vert, bleu, rose, violet), elle nous donne à voir des atmosphères, des paysages, des univers à part entière et des figures, où chacun des traits a sa fonction et sa place. Son travail, d’une totale maîtrise, ne laisse pas de place au hasard bien que l’on sente, plus ou moins consciemment, la présence d’un monde sous-jacent, onirique et empreint de fantastique. On y découvre même, si l’on est attentif, des traces de civilisations anciennes comme si l’inconscient de l’artiste (et de chacun d’entre nous) était le réceptacle d’une mémoire universelle qui fait que l’humanité est une.

Dans ses acryliques, qui exaltent les couleurs (rose, vert, bleu, rouge, orange, jaune…), elle cherche à donner un sens à l’abstraction, à la rendre perceptible, sans pour autant l’emmener vers une véritable figuration. Ce qui se concrétise sur la toile est l’expression canalisée de ce qu’elle ressent à l’intérieur d’elle-même. Aucun concept ne sous-tend l’image proposée et aucune réalité donnée ne peut être identifiée de façon définitive. Le mystère n’est que partiellement dévoilé et renvoie celui qui regarde à son propre vécu pour ce qui est de l’interprétation.

Ses dessins et ses tableaux ont une force propre, comme si les traits posés sur la toile ou des papiers d’épaisseurs et de couleurs différentes (blanc, orange, rose, bleu, doré) prenaient leur indépendance, échappaient même à l’artiste, pour qu’un nouvel univers, avec une volonté farouche, se crée lui-même. Ce qui n’a rien d’étonnant quand on décèle, à certains endroits, ce qui ressemble étrangement à des partitions musicales même si aucune note n’apparaît. Ce sont les traits eux-mêmes qui deviennent notes de par leur tracé et figurent une musique qui imprègne nos rétines et non nos tympans. Une musique purement visuelle qui grouille d’êtres hybrides, mi-organiques, mi-abstraits. Des mondes en perpétuels mouvements.

Née en 1958, Isabelle Guillaume délaisse son patronyme en 2005 lorsqu’elle décide de se consacrer pleinement au dessin et le remplace par celui de Belle Isle, du nom de son île natale. Isabelle de Belle Isle donc, y passe toute son enfance et c’est au cours de celle-ci, à l’âge de dix ans, qu’après avoir vu une artiste peintre peindre sur du tissu, qu’elle commence à dessiner. Elle utilise ce qui lui tombe sous la main (crayons, feutres) et dessine des lettres et des personnages. A treize ans, elle se met à la gouache grâce à son professeur de dessin. Elle se découvre alors une vraie passion et continue à créer des formes figuratives aussi bien qu’abstraites.

Elle part à Vannes pour intégrer l’un des lycées de la ville. Elle fait la connaissance d’un nouveau professeur, lauréat du Prix de Rome, qui lui ouvre de nouveaux horizons. Elle découvre les natures mortes et se met à dessiner des vases, des fruits et des sculptures. Après l’obtention de son baccalauréat, elle part à Paris où elle suit des études théoriques sur le théâtre à la Sorbonne. Elle n’y reste qu’un an et part rejoindre des amis aux Pays-Bas au début des années quatre-vingts. Elle apprend la langue et passe avec succès le concours d’entrée du Conservatoire de Théâtre d’Amsterdam. Elle y reste cinq ans au cours desquels elle apprend à jouer la comédie, à danser, à faire des percussions, du montage vidéo, des décors, des costumes et de la mise en scène. Durant ces mêmes années, elle écrit et met en scène ses propres pièces de théâtre dans lesquelles, seule sur scène, elle se produit.

Après ses études de théâtre, elle prend des cours de piano, contrairement à l’époque où, adolescente, elle avait appris la guitare en autodidacte. Elle composait alors ses propres musiques et écrivait les textes qui accompagnaient celles-ci. Toujours à Amsterdam, elle fréquente de plus en plus le milieu du jazz. Au sein d’un studio (style cave de jazz) qu’elle a ouvert en bas de chez elle avec quelques amis, ils organisent des concerts et des jam sessions durant deux années. Néanmoins, petit à petit, elle s’éloigne du jazz pour se diriger vers d’autres styles musicaux tels que le rock, la new wave et la musique électronique. A la fin des années quatre-vingt, elle crée un spectacle qu’elle intitule « Shamra ». Elle compose la musique, danse, joue la comédie, crée les costumes et n’hésite pas à déléguer la mise en scène à plusieurs metteurs en scène qui enrichissent sa création de par leur approche personnelle.

En 1990, elle part à New York, visite les galeries et les musées et fait la traversée en voiture de l’Amérique d’est en ouest. Après avoir passé neuf mois outre-atlantique, elle revient en France puis, en 1992, elle part vivre à Londres et forme un groupe. Elle chante sur scène, traîne dans le milieu musical londonien et enregistre un disque, mélange, musicalement parlant, de soul et de jazz. Après avoir passé sept ans en Angleterre, elle rentre en France à la fin des années quatre-vingt-dix et s’installe à Nantes. En 2000, sous le nom de « Shamra » (du nom du spectacle qu’elle a créé une dizaine d’années plus tôt à Amsterdam) elle sort un album pop/folk éponyme. Elle continue depuis lors à chanter et à se produire sur scène. Parallèlement à sa carrière d’auteure compositrice interprète, elle reprend le dessin en 2005 puis se met à la peinture. Elle travaille actuellement à des tableaux abstraits (peinture à l’huile) tout en se consacrant à la préparation de son troisième album qu’elle ira enregistrer à Londres en 2014.

 

Stéphane Richard

Isabelle de Belle Isle
Isabelle de Belle Isle
Isabelle de Belle Isle
Isabelle de Belle Isle
Isabelle de Belle Isle
Isabelle de Belle Isle

Si vous souhaitez voir les oeuvres d'Isabelle de Belle Isle, n'hésitez pas à prendre rendez-vous avec elle (isabelleisle@gmail.com).

Publié par Stéphane Richard sur

Aussi loin qu’elle s’en souvienne, Marie-Françoise Alléhose a toujours baigné dans une atmosphère créative puisque, dès son plus jeune âge, elle créait des objets avec tout ce qui lui tombait sous la main, dessinait, peignait et faisait des collages. De retour en France, après avoir passé son adolescence en Algérie où elle apprend les techniques de la poterie traditionnelle berbère et de la céramique, elle intègre l’Ecole des Beaux-Arts d’Angers mais n’y reste qu’une année préférant développer sa propre entreprise de création d’accessoires mode. A trente ans, elle reprend ses études et s’inscrit à l’Esmod de Nice et,  diplôme en poche trois ans plus tard, elle travaille dans le milieu de la mode (notamment pour Carven) durant vingt-cinq ans en tant que styliste puis designer textile et coloriste avant de devenir directrice artistique. Ces différentes fonctions lui permettent de voyager dans de nombreux pays qui auront un impact sur ses créations futures grâce aux différentes cultures qu’elle côtoie et qui la nourrissent en profondeur.

Elle arrête de travailler en 2009 et « une heureuse rencontre avec de vieux papiers » (dixit l’artiste) lui donne l’envie de renouer avec la création artistique. Ces « vieux papiers » ne sont rien moins qu’un véritable fonds patrimonial que lui lègue son père lorsque celui-ci meurt et dont les documents familiaux les plus anciens remontent au dix-septième siècle. Son arrière grand-père, Henri Delahaye, était lithographe, imprimeur, éditeur et propriétaire des établissements Charpentier à Nantes (il éditait notamment les dessinateurs Emile Benoist et Hippolyte Lahaisse) et avait en sa possession des documents de toutes sortes (lithographies, lettres, carnets de notes, quittances de loyer, missels, devoirs scolaires) qui s’étaient accumulés au fil du temps et que la famille gardait précieusement génération après génération.

C’est avec cet héritage singulier et conséquent que Marie-Françoise Alléhose élabore sa démarche artistique. Nulle trace de nostalgie dans ce processus très personnel mais, bien au contraire, elle s’approprie l’histoire de sa famille et lui donne une nouvelle vie en la transformant en œuvre d’art. Elle découpe ces différents documents et les assemble en des patchworks qui lui servent de fond et sur lesquels, d’un geste leste et rapide, elle peint à l’aquarelle liquide des paysages imaginaires, véritables cartographies géographiques et temporelles qui laissent transparaître les écrits de ses aïeux, ou invente des nouveaux vocabulaires proches de la calligraphie. Bien que maîtrisé, son geste reste spontané et il en découle des effets imprévisibles qui participent de la création elle-même. Les compositions s’organisent, se structurent, l’acte de peindre se mêle à la mémoire et l’œuvre devient pérenne.

Parallèlement à son travail de peintre, elle crée des totems, porteurs, dans de nombreuses civilisations, non seulement de protection mais également de mémoire. Qu’ils soient tridimensionnels ou bidimensionnels, ses totems, comme ses peintures, allient l’ancien et le moderne. Bois, feuilles d’or, palladium, céramique, béton, fils de fer et de lin, clous, tels sont les matériaux qu’elle utilise pour les fabriquer. Empreints de spiritualité, ils s’élèvent vers le ciel et les être humains stylisés qui les ornent tissent un lien avec l’univers, le passé et le présent. Symbiose de l’humain, du minéral et du végétal, ses totems sont un véritable dialogue holistique entre l’humanité et son environnement proche ou lointain et une ode à la vie.

Qu’il s’agisse de ses peintures ou de ses totems, Marie-Françoise Alléhose allie à merveille les matériaux, les époques, son sens des couleurs et sa maîtrise gestuelle dans un acte créatif original absolument contemporain.

Stéphane Richard

Marie-Françoise Alléhose
Marie-Françoise Alléhose
Marie-Françoise Alléhose
Marie-Françoise Alléhose
Marie-Françoise Alléhose
Marie-Françoise Alléhose

Galerie Le Quatre. 4 rue Kléber. Nantes.

Du jeudi 16 au vendredi 31 mai 2013 pour l'exposition des peintures.

Du jeudi 6 au vendredi 28 juin 2013 pour l'exposition des totems.

Du mercredi au vendredi de 14h30 à 19h00.

Publié par Stéphane Richard sur

Horizons fermés ou lointains, routes et chemins désertés, livrés à eux-mêmes, vestiges et témoins silencieux d’un passé révolu, entourés de forêts, de poteaux électriques ou au cœur de sous-bois, les peintures de Thierry Dalat recèlent un ailleurs désiré et sont une métaphore de la psyché de l’artiste en quête de la source de l’acte créateur. Il sait que le but du chemin n’est pas la destination mais le chemin lui-même et que celui-ci se crée au fur et à mesure du cheminement. Ce n’est pas la connaissance de la raison ultime pour laquelle le peintre peint qui importe, la découvrir ce serait la perdre et se perdre de la même manière. Il tend vers celle-ci mais ne l’atteindra cependant jamais car lui faire face, ce serait accéder au mystère de la création elle-même et découvrir celui-ci le mettrait à nu, lui brûlerait les ailes, le mettant dans l’impossibilité de continuer à peindre. Seul compte l’acte de peindre.

Thierry Dalat ne nous raconte aucune histoire, elle ne serait qu’anecdotique et superfétatoire. Aucun personnage n’apparaît sur la toile, ils ne seraient qu’une distraction vaine et hors de propos nous empêchant de nous concentrer sur l’essentiel. C’est le silence inhérent à l’image peinte, telle une présence bénéfique, qui nous permet d’être réellement attentif, à l’écoute de ces paysages solitaires, dans une contemplation active, tous nos sens en éveil, et d’être au plus près de l’acte créateur. Nous sommes dans un entre-deux mondes où la lumière et les ombres s’harmonisent pleinement et où la réalité extérieure et le monde intérieur de l’artiste s’enchevêtrent étrangement dans une symphonie d’une richesse chromatique tout en nuances qui nous révèle un univers personnel d’une grande sensibilité. Au-delà d’une peinture qui ne serait que descriptive, c’est l’intimité du peintre et sa quête initiatique qui se dévoilent à nos yeux.

Stéphane Richard

Thierry Dalat
Thierry Dalat
Thierry Dalat
Thierry Dalat
Thierry Dalat
Thierry Dalat

Vous pouvez retrouver Thierry Dalat sur son site: thierrydalat.overblog.com.

Publié par Stéphane Richard sur

S’inscrivant dans la lignée des peintres des siècles passés, Gabriella Benevolenza est l’héritière d’une longue tradition picturale qui perdure envers et contre tout (en parallèle de l’art dit « contemporain ») pour notre plus grand bonheur. Virtuose, sensible et élégante, sa peinture est l’expression parfaitement maîtrisée d’une profonde intériorité qui s’épanche (dans le sens de « se confier ») magistralement sur la toile. Dans des décors épurés et d’une sobre simplicité, les femmes solitaires peintes par l’artiste baignent dans un silence apaisant loin du bruit et de la fureur de notre environnement quotidien et nous convient à partager des moments de calme propices à la méditation.

Rêveuses, attentionnées, sensuelles ou pudiques, joyeuses ou en pleine réflexion, ces femmes, belles et attachantes, nous ravissent d’autant plus que plus nous les regardons, plus nous avons l’impression de les connaître personnellement. Elles nous font part de leur intimité, sans voyeurisme aucun, et partagent avec nous leurs différents états d’âme comme elles pourraient le faire avec un proche. La richesse chromatique tout en subtilité et en nuances de l’image proposée, la douce lumière qui s’en dégage et l’atmosphère chaleureuse qui en découle amplifient la présence éloquente de ces femmes en attente de ce que leur apportera les hasards et les caprices de la vie et accentuent cette sensation prégnante de relation privilégiée qui nous envahit avec notre accord tacite. Les peintures d’une grande beauté et puissamment émotionnelles de Gabriella Benevolenza appartiennent à cette catégorie d’œuvres d’art raffinées qui éveillent en nous des sentiments nobles et nous rassérènent face à l’adversité.

Stéphane Richard

Gabriella Benevolenza
Gabriella Benevolenza
Gabriella Benevolenza
Gabriella Benevolenza
Gabriella Benevolenza
Gabriella Benevolenza

Vous pouvez retrouver Gabriella Benevolenza sur son site: www.gabriella-benevolenza.odexpo.com.

Publié par Stéphane Richard sur

Dans la lignée de Die Brücke, de l’expressionnisme, du fauvisme et du néo-expressionnisme apparu en Allemagne à la fin des années 1970, Liza Vodyanova peint, dans une rapidité d’exécution d’une grande spontanéité, des êtres humains dans des scènes d’intérieur ou en extérieur. Ses peintures, inspirées de la réalité ou imaginaires, quand ce n’est pas le mélange des deux, traduisent, entre drame et solitude, entre angoisse et mélancolie, les états d’âme des personnages qu’elles représentent ainsi que les siens propres.

Instinctive et libre dans l’acte de peindre, elle ne cherche pas à reproduire la réalité mais à susciter des émotions grâce à un trait succinct, ne prenant parfois pas la peine de faire un dessin préparatoire et attaquant la toile directement avec de la peinture, et à une totale autonomie des couleurs, ne cherchant nullement, là aussi, à respecter la véracité de celles-ci dans l’identification des êtres, des objets, de l’eau ou des arbres.

Sa peinture, pleine de tensions palpables renforcées par des coups de pinceaux énergiques et par des cernes noires très marquées dans ses toiles, laisse la place, dans ses œuvres sur papier les plus récentes, à un enchevêtrement des couleurs et à une disparition des contours qui confinent à l’abstraction, même si le motif reste quant à lui résolument figuratif (comme dans la série « La Chasse »). Ses tableaux, dotés d’une palette chromatique tour à tour sombre ou lumineuse d’une grande richesse, sont l’expression intense de sa vie intérieure, de ses sentiments vis-à-vis du monde tel qu’il est et des émotions qu’elle souhaite partager avec les personnes qui font face à ses œuvres.

Stéphane Richard

Liza Vodyanova
Liza Vodyanova
Liza Vodyanova
Liza Vodyanova
Liza Vodyanova
Liza Vodyanova

. Galerie Le Garage. 32 bis rue Scribe. Nantes.

Du jeudi 13 février au samedi 15 mars 2014. (Exposition collective).

Du mercredi au vendredi de 15h00 à 19h00. Le samedi de 14h00 à 19h00.

. Vous pouvez également aller sur www.lizavodyanova.com.

Publié par Stéphane Richard sur

Antoine Correia est le chantre d’une peinture expressionniste ancrée dans un charnel profondément sensuel et qui irradie d’une force spirituelle indéniable. Sa peinture n’appartient pas au domaine de l’horreur mais se situe résolument dans la longue tradition picturale des siècles passés et en est même la légitime héritière. Elle est une introspection exaltante qui va au-delà des apparences, au-delà de la peau et se coltine au plus près les souffrances humaines à travers ces corps suppliciés, crucifiés ou difformes.

Défiguration des visages, peaux arrachées, désolation de paysages ravagés, corruption et pourriture d’un monde agonisant et en décomposition avancée, sa peinture transcende le corps humain et confine au sacré. Le sentiment de morbidité éventuellement ressenti est fugace et disparaît rapidement pour faire place à une réflexion sur l’ultime question que se pose l’homme depuis toujours, celle de sa chute et de sa rédemption. Sa peinture est la parfaite incarnation du combat titanesque inhérent à l’espèce humaine qu’elle se livre à elle-même, oscillant perpétuellement entre le mal et le bien, entre sa disparition mille fois annoncée et son avènement toujours en devenir.

Stéphane Richard

Antoine Correia
Antoine Correia
Antoine Correia
Antoine Correia
Antoine Correia

Galerie Le Garage. 32 bis rue Scribe. Nantes.

Du jeudi 7 novembre au samedi 14 décembre 2013.

Ouvert du mardi au samedi de 15h00 à 19h00.

Publié par Stéphane Richard sur

La Galerie Le Garage présente les peintures, les lithographies et les livres d’art d’Anne Pourny, artiste pour le moins éclectique, tant par le choix des techniques employées que par les sujets abordés. Arrêtons-nous un instant sur la série de toiles intitulée « Vents et marées » où les couleurs à dominante bleue, blanche, brune et noire (rehaussées de rouge) s’interpénètrent dans un combat titanesque. Rythmes infernaux, couleurs lumineuses, ombres et transparences, les eaux furieuses se mêlent aux vents indomptables dans des chorégraphies envoûtantes, véritables odes aux forces primordiales de la nature.

Dans ses tableaux, les éléments se déchaînent et semblent nous parler du chaos originel où la vie elle-même n’était pas encore apparue, sentiment trompeur puisque, à certains moments, nous percevons (ou croyons percevoir), à la limite de la dissolution des formes, des coques de bateaux malmenées dans des atmosphères à la fois poétiques et violentes qui, étrangement, nous rassérènent.

Surgissement des formes et des couleurs, métamorphoses des éléments, recouvrements de peinture successifs, raffinement de la lumière, la spontanéité du geste s’épanouit dans une composition qui s’organise et ne laisse pas de place au hasard. Les peintures abstraites de cette artiste sensible sont un hymne vibrant à la nature et à la lumière.

Stéphane Richard

Anne Pourny
Anne Pourny
Anne Pourny
Anne Pourny

Galerie Le Garage. 32 bis rue Scribe. Nantes.

Du mercredi 13 mars au samedi 13 avril 2013.

Du mercredi au samedi de 14h00 à 19h00.

Publié par Stéphane Richard sur

Peintre instinctif par excellence, la peinture d'Omer Amblas est un savant mélange de figuration libre, d'art brut, d'expressionnisme, et l'on peut même y déceler, dans certains de ses petits formats notamment, une facture proche du mouvement Cobra. Ses toiles nous parlent de ses origines, du peuple caribéen auquel il appartient, de ses souffrances, de ses espoirs et de ses joies. Spontanéité du geste, simplification des formes, flamboiement des couleurs, matiérisme discret, il réussit ce tour de force à donner des sentiments aux silhouettes allongées et aux visages tout en rondeur à peine esquissés. Ses figures, peintes dans un enchevêtrement de lignes brisées et de couleurs vives ou dans la sobriété d'un trait fluide et empreint de douceur, sont d'une rare puissance. Nul besoin de personnaliser ses personnages tant leur attitude et les émotions qui en émanent suffisent à la compréhension de ce qu'ils ressentent. Nous en sommes les témoins privilégiés et leur donner une identité plus précise leur aurait ôté tout universalisme.

Stéphane Richard

Omer Amblas
Omer Amblas
Omer Amblas

Galerie Montesquieu. 4 place de la Monnaie. Nantes.

Du jeudi 28 mars au samedi 27 avril 2013.

Du mardi au samedi de 14h00 à 19h00.

Publié par Stéphane Richard sur

Après Prague, Santa Fé, Santa Barbara, Woodstock, Gand et Durango, le photographe tchèque Kamil Vojnar pose, non pas ses valises, mais ses ailes de petit génie créateur à la Galerie Montesquieu avec une série d’images intitulée « Flying Blind ».

Nous sommes saisis d’un sentiment trouble de solitude et d’abandon face à ces femmes et à ces hommes esseulés dans des intérieurs plus moins délabrés ou des paysages urbains anonymes bien qu’il n’y ait pas de souffrance apparente. Sont-ils d’ailleurs réellement des êtres humains ou bien n’assistons-nous pas à la métamorphose d’anges, déchus pour certains d’entre eux et en devenir pour d’autres ? A moins que ces scènes d’une grande poésie et d’une rare élégance auxquelles nous faisons face ne nous parlent de l’indicible condition de l’être humain qui, dans différentes positions introspectives que l’on peut qualifier de chorégraphiques, ne décide finalement pas de sa destinée. Pas de violence, pas de heurts, mais des scènes étranges et oniriques, d’une fragilité à la fois éthérée et spirituelle, parfois stylisées en unités géométriques qui se superposent au niveau des visages, accentuant la scène représentée en lui donnant une profondeur supplémentaire.

En regardant les photographies de Kamil Vojnar, nous nous surprenons à en parler comme s’il s’agissait de tableaux tant il réussit ce tour de force d’abolir la frontière entre peinture et photographie grâce au traitement qu’il inflige à celles-ci (vernis, vernis à céramique, acide d’acrylique, cire, peinture, grattages éventuels). Parfaite maîtrise technique et poésie visuelle inoubliable, n’hésitez pas à venir vous imprégner des œuvres de cet artiste incontournable.

Stéphane Richard

Galerie Montesquieu. 4 place de la Monnaie. Nantes.

Jusqu’au samedi 23 février 2013.

Du mardi au samedi de 14h30 à 19h00.

Publié par Stéphane Richard sur
Publié dans : #Auteur, #Art, #Peinture, #Sculpture, #Photographie, #Art dit contemporain

Mon livre "Artys", qui regroupe la quasi-totalité des textes (sans reproductions photographiques et sans les informations concernant les lieux et dates d'expositions) que j'ai publiés sur ce blog, est disponible dès à présent sur le site de la Maison d'Edition "Edilivre". Si vous souhaitez le commander, il vous suffit de cliquer sur le lien suivant: http://www.edilivre.com/catalog/product/view/id/766764/s/artys-stephane-richard/

"Artys": 10 euros (+ frais de port), 54 pages, format 20x13, couverture blanche.

Vous pouvez également le commander auprès de votre librairie préférée ou sur www.fnac.com, www.amazon.fr et www.chapitre.com.

Artistes (dans l'ordre d'apparition):

Gaëlle Le Guillou, Régis Perray, Francine Toulemonde, Jean-Paul Friol, Hélène Jacqz, Robert Henke, Armen Saakyan, Kamil Vojnar, Hubert Paressant, Marie Auger, Xavier Le Lagadec, Anne Pourny, Omer Amblas, Carlos Ciriza, Kim Kyung-Jin, Martine Pinsolle, Pierre Sgamma, Alain Duschesne, Laurence Le Claire, Ruta Jusionyte, Isabelle de Belle Isle, Laurent Bouro, Ambre de l'AlPe, Katarina Axelsson, Niiv, Antoine Correia, Isabelle Vialle, Jérôme Delépine, Anne Gaiss, Liza Vodyanova, Jorj Morin, Catherine Duchêne, SylC, Nathalie Gauglin, Julie de Waroquier, Evelyne Galinski, Aurore Le Philipponnat, Goxwa, Thierry Dalat, Sandrine Paumelle, Odile Jaouen, Gabriella Benevolenza, Georges Mazilu, Etienne Gros, Maria Kreyn, Patrice Giorda, Daria Endresen... suivi d'un pamphlet à l'encontre de l'art dit "contemporain".

Artys... le livre!
Publié par Stéphane Richard sur

La sculptrice Gaëlle Le Guillou propose sa vision de la mort à travers une exposition présentée au sein du salon funéraire du cimetière de la Miséricorde. Elle a investi le lieu pour y dévoiler une cérémonie non pas funèbre mais empreinte d’un onirisme fantastique. Déposée sur un chariot mortuaire, une gisante voit son corps se transformer en fleurs, feuilles et pierres aux couleurs éclatantes. Le voile transparent qui recouvre son visage et qui évoque le mariage symbolise l’acceptation de la mort. La petite tombe placée légèrement en retrait sur la droite dans l’installation corrobore le fait que la mort n’est pas synonyme de néant mais débouche, dans une profusion de légumes variés et multicolores, sur une nouvelle naissance.

Se sentant proche du travail du plasticien Régis Perray qui a déjà travaillé sur le thème des cimetières, Gaëlle Le Guillou lui a proposé de participer à la création de l’installation en y incluant son propre travail. A droite et à gauche de la gisante, il a installé deux bancs sur lesquels on peut s’asseoir pour veiller la morte et qui ont la particularité d’être munis d’un coffre en métal pour l’un et en bois pour l’autre et dans lesquels on peut ranger le nécessaire pour nettoyer les tombes. Un panneau signalétique montre, sur un fond blanc et dans un style très épuré, un homme creusant un trou où finira le cercueil que l’on voit en contrebas et, pour accentuer le réalisme de la scène, il a adossé, contre le mur du fond, une pelle et une pioche qui ont été utilisées par des fossoyeurs des années durant.

L'univers à la fois réaliste et ancré dans la terre de Régis Perray donne un équilibre à l'installation et permet à Gaëlle Le Guillou, grâce à sa parfaite maîtrise de la technique de la céramique et à son sens des couleurs, de dédramatiser la mort en la rendant (presque) joyeuse.

Stéphane Richard

Gaëlle Le Guillou et Régis Perray («La gisante en fleurs»)
Gaëlle Le Guillou et Régis Perray («La gisante en fleurs»)

Salle funéraire du Cimetière de la Miséricorde. Rue du Bourget. Nantes.

Du samedi 27 octobre au jeudi 1 novembre 2012.

Tous les jours de 13h00 à 17h00.

Publié par Stéphane Richard sur

Acmé du cinétisme actuel, l’œuvre présentée au Lieu Unique est l’aboutissement d’un long et minutieux travail qui s’est déroulé trois années durant. Informaticien, ingénieur du son cinéma et compositeur de musique électronique, Robert Henke nous plonge dans un environnement spatio-temporel et sonore à la fois déstabilisant et hypnotique. Grâce à une qualité presque surnaturelle de la lumière émise par des lasers, les tracés lumineux semblent émerger du mur. Parfaite symbiose du son et de la lumière, des traits multiples naissent, semblent disparaître puis réapparaissent dans des entrelacs géométriques incessants, incarnations d’algorithmes mystérieux semblables à des connexions neuronales.

Nos yeux ne peuvent se détacher de cette symphonie visuelle et la musique, répétitive, lancinante et prégnante, nous envahit et nous invite à une méditation intérieure, prémisse à un véritable voyage que nous voyons poindre à l’horizon puisque nous finissons par comprendre que la répétition géométrique perpétuelle à laquelle nous assistons est une clé qui, tôt ou tard, ouvrira une porte vers une nouvelle dimension, un univers auquel nous aspirons tous, même si nous n’en avons pas conscience.

Stéphane Richard

 

 

Robert Henke («Fragile territories»)
Robert Henke («Fragile territories»)

Le Lieu Unique. Quai Ferdinand-Favre. Nantes.

Jusqu’au dimanche 6 janvier 2013.

Du mardi au samedi de 15h00 à 20h00. Le dimanche de 15h00 à 19h00.

Publié par Stéphane Richard sur

La Galerie Montesquieu nous propose une nouvelle exposition autour de la sculptrice Francine Toulemonde après celle très remarquée et remarquable sur le « bordel » (eh oui, le bordel c’est de l’art). Scénographie champêtre, feuilles d’arbres recouvrant le sol, éclairage tamisé, les bougies, dont les flammes lèchent de leur fragile douceur les sculptures, les photographies monumentales du jardin de la maison où vivait l’artiste et les sculptures en bronze, parsèment le lieu dans une atmosphère à la fois sereine et intime.

Loin de tout intellectualisme, Francine Toulemonde est une instinctive que le corps humain passionne et questionne. Son travail se situe résolument dans l’ordre du réalisme et ses sculptures semblent vivantes tant elle maîtrise à la perfection son métier et la technique dite « à la cire perdue ». Elle aborde des sujets très sérieux comme l’esclavage avec cette œuvre magnifique intitulée « Histoire sans fin ? » qui montre onze esclaves se suivant les uns les autres, prêts à embarquer dans l’un de ces navires de sinistre mémoire, et dont les attitudes corporelles nous donnent à voir tous les sentiments que peuvent éprouver des hommes plongés dans un tel enfer : de la soumission à la révolte, de la souffrance à la solidarité, en passant par la peur et la résignation.

A l’opposé, dans d’autres créations, elle fait preuve d’un humour grinçant comme dans « Je rentrerai tard ce soir » où un homme et une femme, dans un acte sexuel fougueux, téléphonent à leurs conjoints respectifs. C’est également le cas dans une autre sculpture, « Gemzar or not Gemzar », où un singe regarde pensivement ce qui semble être le crâne d’un ancêtre lointain et se demande « Etre ou ne pas être, telle est la question ». Qui n’a pas encore compris que l’homme ne descend pas du singe mais qu’il est un singe ? N’oublions pas non plus ses animaux tels les cochons qui remplacent à merveille les hommes dans leurs comportements alimentaires ou ces monstres fabuleux et hybrides sortis tout droit d’une féconde imagination et ces fantastiques centaures moqueurs ou guerriers dont l’un d’entre eux, dans un merveilleux équilibre sur un support d’une extrême étroitesse, s’apprête à donner le coup de grâce à un animal invisible à nos yeux.

De l’œuvre éclectique de Francine Toulemonde, émergent des sentiments d’une grande générosité dont nous sentons les vibrations tout autour de nous.

Stéphane Richard

Francine Toulemonde
Francine Toulemonde

Galerie Montesquieu. 4 place de la Monnaie. Nantes.

Jusqu'au samedi 15 décembre 2012.

Du mardi au samedi de 14h30 au samedi 19h00.

Publié par Stéphane Richard sur

Marie Auger qui expose en ce moment même au Rez-de-chaussée et Xavier Le Lagadec dont l’exposition vient de se finir à l’Atelier Alain Le Bras (vous pouvez aller voir son travail sur www.xavier-le-lagadec.fr) appartiennent à ce mouvement artistique que l’on pourrait qualifier de « défiguration en art ». Bien que les altérations et autres déformations ne soient pas aussi prononcées ou radicales que chez d’autres artistes tels que Olivier de Sagazan, Fabien Claude, Isabelle Vialle, Antoine Correia, Stepk ou Anne-Marie Cutolo, il existe une parenté évidente quant à l’univers dans lequel ils évoluent.

Des personnages peints ou sculptés de Marie Auger et de Xavier Le Lagadec émanent cette même énergie immanente qui se déploie sur leurs toiles ou se dégage de leurs sculptures. Quand nous nous imprégnons de leurs œuvres respectives, des sentiments extrêmes et mélancoliques nous étreignent. Chez Marie Auger, les couleurs traduisent une authentique tension picturale provoquant en nous, à certains moments, un sentiment trouble de solitude, voire d’abandon. Cette même tension et ce même sentiment se retrouvent chez Xavier Le Lagadec plus fortement encore de par l’utilisation d’une palette chromatique beaucoup plus sombre. Une réminiscence musicale surgit alors en nous ou, plus précisément, une phrase de l’une des chansons (« Losing Tracks ») de Minimal Compact : « Nous sommes tous des enfants dans une vaste école perdue », phrase qui retentit avec une nouvelle acuité à nos oreilles. Les créations de ces deux artistes questionnent le mystère premier de l’origine et de la réelle nature de l’être humain avec son destin tragique, sa fragilité, mais aussi avec son profond désir de vivre et de transmettre.

A noter la scénographie de l’exposition de Marie Auger en parfaite osmose avec le lieu qui l’abrite, scénographie doublement réussie grâce à un éclairage à la fois sensible et intelligent qui met en valeur les œuvres présentées.

Stéphane Richard

Marie Auger et Xavier Le Lagadec
Marie Auger et Xavier Le Lagadec

Marie Auger au Rez-de-chaussée. 7 rue Paul Pélisson. Nantes.

Du vendredi 1 au dimanche 24 mars 2013.

Du jeudi au dimanche de 13h00 à 19h00.

Publié par Stéphane Richard sur

Le peintre et sculpteur espagnol Carlos Ciriza, né en 1964 à Estella en Espagne, revient à Nantes vingt-six ans après y être venu présenter sa première exposition hors de son pays natal. C'était en 1987 et il n'avait alors que 23 ans. Fortement inspiré à ses débuts par Julio Gonzalez, Chillida ou Henry Moore, il travaille le bois, la pierre et le métal avant de découvrir le fer qui deviendra son matériau de prédilection. Ses sculptures, disséminées à travers la planète dans plus de quarante pays, que ce soit dans des collections publiques ou privées, des musées ou des parcs, sont une réflexion sur les interactions entre matière et espace, courbe et ligne droite, équilibre et déséquilibre.

Pour cette exposition, il nous propose de voir des sculptures et des tableaux créés à base de projections de poussières d'acier faisant partie de ses travaux les plus récents. A la fois harmonieuses et pleines de tensions, dans un jeu subtil entre les pleins et les vides, ses sculptures sont l'expression, non pas d'une émotion soudaine ou le fruit du hasard, mais d'un long processus rationnel de réflexion autour du cube et du cylindre et de la façon dont ces deux volumes géométriques peuvent coexister harmonieusement.

Stéphane Richard.

Carlos Ciriza
Carlos Ciriza

Espace d'art contemporain "Café des Négociants".

26 rue Alsace-Lorraine. Rezé.

Du jeudi 11 au dimanche 28 avril 2013.

Du jeudi au samedi de 14h00 à 19h00. Le dimanche de 11h00 à 18h00.

Publié par Stéphane Richard sur

Loin de la figuration néo-impressionniste de ses débuts, Hélène Jacqz, après un séjour de plusieurs années à New York, s’est lancée dans une peinture gestuelle dans la lignée de l’expressionnisme abstrait, de l’action painting et du tachisme. Semblablement à son prédécesseur du siècle dernier Jackson Pollock, elle entre dans une danse sur et autour des toiles posées à même le sol et les recouvre, dans une concentration réfléchie (la préparation) et un lâcher prise authentique (l’action), de couleurs d’une grande étendue chromatique. Dans l’emportement du geste et des paysages picturaux qui en découlent, les couleurs deviennent signes jaillissant du blanc de la toile et créent un langage qui est l’expression du monde intérieur de l’artiste.

Stéphane Richard

Hélène Jacqz
Hélène Jacqz

Galerie Le Garage. 32 bis rue Scribe. Nantes.

Jusqu’au samedi 22 décembre 2012.

Du mercredi au samedi de 14h00 à 19h00.

Publié par Stéphane Richard sur

A travers tous les thèmes qu’il aborde (portraits, figures, natures mortes, chevaux, paysages urbains, marines), Armen Saakyan peint avec des styles très divers qui vont du classicisme à l’abstrait en passant par le cubisme, le purisme et l’expressionnisme.

Quand il peint ses nus, il recouvre la toile d’une couleur chaude (rouge, ocre, brun, terre de Sienne), le modèle se couche ensuite dans une position donnée et le peintre modifie les empreintes laissées par le corps jusqu’à ce que celles-ci correspondent à l’image qu’il avait en tête avant même qu’il ne donne le premier coup de pinceau. 

Les nus représentés ne se détachent pas du tableau, parfois même le modelé semble s’estomper jusqu’à presque s’évanouir pour ne faire plus qu’un avec la toile. C’est l’utilisation de la même gamme chromatique pour le sujet et le fond qui donne cet aspect d’unicité plastique. La présence de certaines ombres et l’ajout des couleurs rouge ou verte dans certains tableaux donnent un sentiment de léger mouvement, comme si certains des nus représentés voulaient nous faire part d’un secret. 

Les formes épurées de ses natures mortes s’épanouissent dans un environnement serein où nul élément superfétatoire ne vient perturber l’harmonie à la fois intime et pleine de vie (symbolisée, dans l’un de ses tableaux, par un œuf) de l'image représentée. Tout son travail s’articule autour de la  perception de la lumière et c’est en disposant le plus précisément possible des objets du quotidien qu’il arrive à travailler au mieux la dualité ombre/lumière et les contrastes qui en découlent. 

Il peint ses paysages et ses marines d’après nature à l’île de Ré ou à Magné. Les couleurs qu’il couche sur la toile ne correspondent pas réellement à celles qu’il perçoit, mais bien plutôt à celles qu’il ressent intérieurement. Le décalage qui s’opère ainsi entre couleurs réelles et couleurs ressenties, allié à une lumière naturelle, poétisent l’atmosphère qui se dégage de la peinture. Quant à la juxtaposition des verticales, horizontales et diagonales, cela donne une profondeur particulière aux tableaux dont certains éléments (comme les bateaux) frôlent parfois l’abstraction.

Pour cette nouvelle exposition proposée à la Galerie des Glaces, Armen Saakyan nous emmène dans des paysages urbains où prédominent de nombreuses nuances de gris et ou les personnages, de face, de dos ou de profil, marchent, seuls ou en groupe, dans une étrange et même aérienne légèreté tant le sol semble se dérober sous leurs pieds à certains moments. Celui-ci devient miroir et la clarté limpide qui en découle ouvre les toiles au-delà d’elles-mêmes et humanise étonnamment la froidure à laquelle nous faisons face et la solitude à la fois belle et glacée qui s’en dégage.

Stéphane Richard

Armen Saakyan
Armen Saakyan

Galerie des Glaces. 8 quai de Versailles. Nantes.

Jusqu’au vendredi 22 février 2013.

Du mardi au samedi de 11h00 à 12h30 et de 14h00 à 18h30.

Publié par Stéphane Richard sur

Née à Glasgow en 1953, Doreen Le Marinel est précoce puisqu'elle dessine et peint dès l'âge de 6 ans. A l'époque, elle dessine déjà des visages et des figures, pratique qu'elle poursuivra jusqu'à l'âge de 26 ans. Elle arrive en France en 1981 et s'installe à Paris. Dans les années quatre-vingt, elle visite régulièrement les musées et les galeries d'art qui la nourrissent humainement mais aussi artistiquement. Des peintres tels que Gustav Klimt ou Egon Schiele la touchent tout particulièrement sans oublier Camille Claudel dont les sculptures seront une source d'inspiration pour son futur travail.

En 1989, elle intègre un atelier libre de la Ville de Paris où elle dessine durant deux années d'après des modèles vivants. En 1991, elle fait une résidence de six mois dans un autre atelier parisien où elle découvre et apprend la technique de la peinture à l'huile, ce qui lui permet de travailler la couleur en profondeur. A partir de cette même année, elle participe à ses premières expositions en montrant des pastels et des dessins à l'encre de Chine, que ce soit à Paris (en 91) ou dans les Salons de peinture de Cholet et de Saint-Sébastien (de 93 à 95). Elle y expose ses peintures dont les thèmes ethniques s'affirment. L'on y croise notamment des Aborigènes, des Africaines ainsi que des Bretonnes. Cette dernière source d'inspiration n'ayant rien d'étonnant puisqu'elle est venue s'installer en Bretagne en 1992.

En 1996, elle abandonne la peinture à l'huile après avoir rencontré des artistes qui lui font découvrir la peinture acrylique. Dès lors, celle-ci devient son médium de prédilection. Elle abandonne la toile traditionnelle et utilise de nouveaux supports tels que le bois, le papier kraft et le papier de soie. A l'acrylique, elle associe des pigments, du sable et des bandes médicales. Ses tableaux contiennent plus de matière et elle se sert d'encres acryliques pour faire, à la plume, des dessins sur la peinture. Plume qui lui permet également, à partir de 1999, d'écrire des textes sur certains de ses tableaux. Qu'il s'agisse d'un poème, d'un extrait de chanson ou de ses propres textes, ils s'entremêlent si naturellement avec les figures que ce subtil mélange entre figuratif et graphisme coule de source, fusionne et devient pure vision.

Bien qu'elle ait changé de médium et de support, ses thèmes demeurent les mêmes qu'auparavant. Ses tableaux nous embarquent vers des contrées lointaines et des peuples et des traditions en voie de disparition. Ils nous parlent des exilés, des clandestins, des nomades, de souffrance. Les corps eux-mêmes font référence aux arts premiers puisqu'ils s'allongent et font songer à des totems.

En 2003, elle vient vivre à Saint-Molf, près de Guérande, et ouvre un atelier, ce qui lui permet de travailler sur de grands formats. Elle définit ses oeuvres par le mot arabe "Rakima" qui englobe tout à la fois des notions de couleur, de forme et d'écriture. Elle ne cherche pas à copier le monde qui nous entoure mais à le transcender pour en créer un nouveau dont émanent néanmoins des réminiscences du premier. Rien d'étonnant à ce qu'elle se reconnaisse donc dans les propos du poète syrien Adonis: "La poésie, l'art, c'est un prolongement de l'existence. Par eux je ne cherche pas à reproduire la réalité mais à en inventer une autre".

Les peintures de Doreen Le Marinel nous emmènent à la rencontre de cultures traditionnelles, de personnages mythologiques et littéraires (Pénélope, Pandore, Salomé, Héloïse, sans oublier l'emblématique Roméo), sur des chemins de traverse à la recherche de traces anciennes proches des peintures rupestres et nous parlent de la quête de l'eau avec les sourciers et du respect de la terre avec les chamans et autres magiciens.

Les thématiques de ses tableaux, les différents supports utilisés (toiles, papier kraft ou planches de bois) et l'utilisation de couleurs telles que le rouge orangé, le brun rouge, l'ocre ou le bleu outremer (qu'elle peigne ou mélange des pigments et du sable qu'elle applique directement sur la surface) invitent à la fois au voyage et à la méditation tout en nous baignant dans une atmosphère de paix et de sérénité.

Stéphane Richard

Doreen Le Marinel

Maison du Patrimoine. Place de la Mairie. Mesquer.

Du mardi 9 au jeudi 18 juillet 2013. Exposition collective.

Ouvert tous les jours. De 10h30 à 12H30 et de 15H00 à 19h00.

Publié par Stéphane Richard sur

Chirurgien spécialiste de la main, artiste authentique disparu trop tôt en 2011, Jean-Paul Friol nous laisse une production artistique protéiforme d’une densité exceptionnelle. Peintures, travaux sur papier ou carton, ciments sur toile, objets divers, métaux oxydés, il a utilisé de nombreux matériaux pour donner vie à des œuvres d’une inspiration féconde, intense et sans concession. Chacun de ses tableaux nous donne à voir un monde à la fois personnel et universel composé, selon, d’accumulation de matériaux bruts, de superpositions, de lignes, de signes, de traces. Rencontres inopinées, entrelacs, enchevêtrements, couleurs vives et lumineuses ou plus sombres, plus profondes, plus graves, ses créations ont une force propre, prennent leur indépendance, deviennent mythologies étranges, énigmatiques, presque surnaturelles à certains moments, et nous plongent dans une expérience poétique à la lisière de la magie.

Stéphane Richard

 

 

Jean-Paul Friol

Espace d'art contemporain "Café des Négociants".

26 rue Alsace-Lorraine. Rezé.

Jusqu'au dimanche 2 décembre 2012.

Du jeudi au samedi de 14h00 à 19h00. Le dimanche de 11h00 à 19h00.

Publié par Stéphane Richard sur

Ce serait se méprendre sur la genèse du travail d’Hubert Paressant que de parler d’œuvres abstraites au sujet de ses tableaux. Son inspiration provient de son environnement immédiat, qu’il s’agisse de lieux, d’objets du quotidien ou de la nature elle-même. Il s’imprègne de ce qui l’entoure, des événements qui s’y déroulent (d’un verre cassé à des algues en passant par un feu de bois) et laisse ses ressentis mûrir longuement avant de les retranscrire sur la toile. Il s’est ainsi construit une sorte de bréviaire tout au long de sa vie dont il pose les motifs sur la toile au gré de ses créations.

Ses tableaux sont le résultat d’un patient processus proche de l’expérimentation qui consiste à travailler et à retravailler chacun d’entre eux jusqu’à ce qu’il obtienne l’image recherchée. Il passe de nombreuses couches de peinture et n’hésite pas à changer, non seulement les couleurs, mais les motifs eux-mêmes au sein d’une même toile. Il en résulte des œuvres très maîtrisées et très diversifiées (d’un all over architecturé à un minimalisme signifiant) qui nous entraînent dans notre propre imaginaire.

Stéphane Richard

Hubert Paressant

Espace d’art contemporain « Café des Négociants ».

26 rue Alsace-Lorraine. Rezé.

Du jeudi 14 au dimanche 24 février 2013.

Du jeudi au samedi de 14h00 à 19h00. Le dimanche de 14h00 à 18h00.

Publié par Stéphane Richard sur

La Galerie TrES, jeune galerie dans le paysage artistique nantais, nous propose de voir les oeuvres de la peintre coréenne Kim Kyung-Ji. Arrêtons-nous un moment sur ses tableaux de facture classique dont la thématique unique est la femme coréenne contemporaine. Ses portraits sont d'une beauté sobre et distinguée, sans fioriture aucune ni décors inutiles. Le raffinement des couleurs aux tons subtils et nuancés donne à ces femmes belles et attachantes, qu'elles soient rêveuses, attentionnées, solitaires, en pleine réflexion, une présence éloquente et nous nous sentons étrangement proches d'elles, comme si nous les connaissions depuis toujours. Les couleurs sombres accentuent l'atmosphère feutrée de ses portraits et ce presque silence qui en émane nous emmène vers une méditation apaisante et bienvenue.

Stéphane Richard

Kim Kyung-Jin

Galerie TrES. 3 rue Bossuet. Nantes.

Du mercredi 10 au mardi 30 avril 2013.

Du mardi au samedi de 14h00 à 19h00.

À propos

Artys

“Revue axée sur les Arts Plastiques. ”

Rédigé par Stéphane Richard

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