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Artys

Revue axée sur les Arts Plastiques

Publié par Stéphane Richard sur

L’univers pictural d’Anne Gaiss est une véritable symphonie visuelle qui s’épanouit entre abstraction et figuration et où l’humain, l’animal, le végétal et le minéral côtoient des divinités ancestrales et des êtres hybrides. Notre regard s’immerge dans des paysages imaginaires aux couleurs fascinantes et où la vie polymorphe et insaisissable grouille sous toutes ses formes dans un chahut pulsionnel vivifiant qui oscille entre douceur et violence retenue ou créatrice. Chacun de ses tableaux est un royaume surnaturel où l’organique le dispute à l’onirisme dans des joutes fougueuses se succédant les unes aux autres et où l’introspectif se mêle au lyrisme dans une esthétique d’un grand raffinement.

Ses peintures sont des mondes à part entière en perpétuelle création au sein desquels l’artiste déploie magistralement sur la toile son imaginaire fantastique et foisonnant. L’art délicat et pénétrant d’Anne Gaiss est tout à la fois un hommage à Dame Nature à travers ce qui ressemble à s’y méprendre à un rituel chamanique, l’acte de peindre donnant vie à toutes ses potentialités enfouies, et le réceptacle intime des forces plus ou moins conscientes qui nous habitent et le miroir fascinant du désir humain et de ses métamorphoses.

Stéphane Richard

Anne Gaiss
Anne Gaiss
Anne Gaiss
Anne Gaiss
Anne Gaiss
Anne Gaiss
Anne Gaiss
Anne Gaiss
Anne Gaiss
Anne Gaiss

. Espace Galerie du SEL. 47 Grande Rue, 93 210 Sèvres.

Du jeudi 9 janvier au dimanche 9 février 2014.

Horaires d'ouverture: 01 41 14 32 32.

. Anne Gaiss expose en permanence à la Galerie Albane.

1 rue Suffren (quartier Graslin). Nantes.

Du mardi au samedi de 10h30 à 12h00 et de 14h00 à 19h00.

. Vous pouvez également aller sur www.anne-gaiss.com.

Publié par Stéphane Richard sur

Héritier de la longue tradition du classicisme figuratif dans la lignée de Rembrandt et de Turner, Jérôme Delépine nous donne à voir une peinture d’une grande puissance émotionnelle. Qu’il s’agisse d’un portrait, d’un nu ou d’un paysage, le peintre, dans une grande rapidité d’exécution, travaille et retravaille ses toiles jusqu’à leur ôter ce qui lui apparaît comme superfétatoire afin d’atteindre l’essentiel de son propos.

Son univers très personnel, dû notamment aux graves problèmes oculaires qu’il a rencontrés (conséquences d’un glaucome apparu à la naissance ne lui laissant la jouissance que d’un seul œil doté d’une vision réduite à 3/10ème), baigne dans une atmosphère à la fois mystérieuse et symbolique. D’au-delà des brumes, dans une évanescence fragile et poétique, émergent, dans des clairs-obscurs d’une grande force, un être humain, un arbre ou une embarcation. Ils sortent de la brume qui les enveloppe comme lorsque nous quittons un rêve quand la réalité nous happe au-dehors de nous-mêmes, nous abandonnant un instant, tiraillés que nous sommes entre ces deux mondes, ne sachant lequel des deux est le vrai.

De l’atmosphère somptueuse qui émane des tableaux du peintre et dont les glacis qui les recouvrent leur donnent cette transparence si singulière, se dégage une beauté étrange teintée d’onirisme qui nous projette dans des visions où la réalité devient illusoire, où les rêves s’incarnent et où le silence éloquent des âmes nous portent vers des contrées intérieures jusque là insoupçonnées. Lumineuse et fascinante, la peinture de Jérôme Delépine est une peinture introspective et profondément humaniste d’où se dégage tour à tour, soit une violence sourde, soit de l’angoisse, soit une douceur empreinte de mélancolie.

Stéphane Richard

Jérôme Delépine
Jérôme Delépine
Jérôme Delépine
Jérôme Delépine
Jérôme Delépine
Jérôme Delépine
Jérôme Delépine
Jérôme Delépine
Jérôme Delépine
Jérôme Delépine
Jérôme Delépine

. Galerie Schwab Beaubourg. 35 rue Quincampoix, 75 004 Paris.

Du jeudi 9 au samedi 11 janvier 2014.

Du mardi au samedi de 12h00 à 19h00.

« Un avant goût de la Genèse 2 » (Exposition collective).

Exposition organisée par l’association « Rémanence ».

. La Galerie du Crous de Paris. 11 rue des Beaux-arts, 75 006 Paris.

Du mardi 28 janvier au samedi 8 février 2014.

Du lundi au samedi de 11h00 à 19h00.

(Avec le peintre Eric Bourguignon).

. Fondation Taylor. 1 rue La Bruyère, 75 009 Paris.

Du jeudi 6 février au samedi 1 mars 2014.

Du mardi au samedi de 14h00 à 20h00.

« Genèse, de l’aube du monde à l’aube de l’humanité » (Exposition collective).

Exposition organisée par l’association « Rémanence ».

Jérôme Delépine expose en permanence ses toiles au sein des galeries suivantes :

. Galerie l’Oeil du Prince.

- 7 rue de l’Odéon, 75 006 Paris.

Du mardi au samedi de 11H00 à 19h00 et le dimanche de 15h00 à 19h00.

- 30 rue Cardinet, 75 017 Paris.

Du mardi au samedi de 11h00 à 19h30.

. Galerie Au-delà des Apparences. 15 rue Filaterie, 74 000 Annecy.

Le mardi de 14h00 à 19h00 et du mercredi au samedi de 10h30 à 13h00 et de 14h00 à 19h00.

Vous pouvez également aller sur son site : http://delepinesurlatoile.over-blog.org.

Publié par Stéphane Richard sur

Chaos originel et creuset pictural d’une profondeur prodigieuse, les peintures d’Isabelle Vialle nous donnent à voir des personnages aux contours estompés, parfois fantomatiques, qui émergent littéralement de l’intérieur du tableau. Leur fragilité apparente n’a rien d’angoissant ni n’est l’expression du désespoir, d’une névrose ou d’un quelconque sentiment morbide. Celle-ci est l’incarnation d’un irrépressible désir de s’extraire de la toile et d’accéder à une véritable humanité.

La violence que l’on perçoit n’est pas de l’ordre de la destruction mais d’une véritable maïeutique libératrice magnifiquement élaborée par la sensibilité de l’artiste. Il n’y a qu’à observer le comportement de ces personnages faisant preuve de solidarité, voire même de compassion, les uns vis-à-vis des autres, pour s’en rendre compte. Véritable tour de force de la part de l’artiste puisque nous ressentons ces sentiments alors qu’ils n’ont pas, à proprement parler, de visage, leur donnant par là même une véritable universalité.

Leur rage, leur frénésie de vivre, leur farouche volonté de se libérer des ombres qui les enserrent est un chemin initiatique qui mène du néant à la vie, des ténèbres à la lumière. Bien que nous sachions que la chute soit toujours possible, ce sont les écueils rencontrés qui nous font passer de la simple existence à une vie authentiquement humaine. Isabelle Vialle interroge l’être dans son essence même et nous mène dans une introspection salvatrice d’autant plus intime et pérenne que la beauté plastique de ses tableaux et les émotions qu’elle provoque en nous sont d’une rare puissance.

Stéphane Richard

Isabelle Vialle
Isabelle Vialle
Isabelle Vialle
Isabelle Vialle
Isabelle Vialle

. Galerie Art Aujourd'hui. 8 rue Alfred Stevens, 75 009 Paris.

Du mercredi 4 au samedi 22 décembre 2013 et du mercredi 22 janvier au samedi 1 mars 2014. "Eloge du Petit Format" (Exposition collective).

Mercredi et jeudi de 13h00 à 19h00. Vendredi et samedi de 15h00 à 20h00.

Isabelle Vialle expose ses oeuvres en permanence au sein des galeries suivantes:

. Galerie MamMuti. 45 rue du Marché, 17 630 La Flotte-en-Ré (Ile-de-Ré).

Du mercredi au dimanche de 10h30 à 13h00 et de 16h30 à 19h30.

. Galerie MCL. 9 rue des Chevaliers, 50 300 Vains. (06 14 48 54 42).

. Galerie Art Aujourd'hui. 8 rue Alfred Stevens, 75 009 Paris.

Mercredi et jeudi de 13h00 à 19h00. Vendredi et samedi de 15h00 à 20h00.

. Galerie du Rat Mort. Vlaaderenstraat 43, 8400 Ostende (Belgique).

(0032 (0) 59 50 24 79).

Vous pouvez également aller sur son site: http://vialle.isabelle.free.fr.

Publié par Stéphane Richard sur

Antoine Correia est le chantre d’une peinture expressionniste ancrée dans un charnel profondément sensuel et qui irradie d’une force spirituelle indéniable. Sa peinture n’appartient pas au domaine de l’horreur mais se situe résolument dans la longue tradition picturale des siècles passés et en est même la légitime héritière. Elle est une introspection exaltante qui va au-delà des apparences, au-delà de la peau et se coltine au plus près les souffrances humaines à travers ces corps suppliciés, crucifiés ou difformes.

Défiguration des visages, peaux arrachées, désolation de paysages ravagés, corruption et pourriture d’un monde agonisant et en décomposition avancée, sa peinture transcende le corps humain et confine au sacré. Le sentiment de morbidité éventuellement ressenti est fugace et disparaît rapidement pour faire place à une réflexion sur l’ultime question que se pose l’homme depuis toujours, celle de sa chute et de sa rédemption. Sa peinture est la parfaite incarnation du combat titanesque inhérent à l’espèce humaine qu’elle se livre à elle-même, oscillant perpétuellement entre le mal et le bien, entre sa disparition mille fois annoncée et son avènement toujours en devenir.

Stéphane Richard

Antoine Correia
Antoine Correia
Antoine Correia
Antoine Correia
Antoine Correia

Galerie Le Garage. 32 bis rue Scribe. Nantes.

Du jeudi 7 novembre au samedi 14 décembre 2013.

Ouvert du mardi au samedi de 15h00 à 19h00.

Publié par Stéphane Richard sur

Dans une forêt enchanteresse, une magicienne s’entretient, dans un silence éloquent et salvateur, avec la messagère d’un ancien temps toujours présent pour qui a l’âme pure. Incarnée en sphère laiteuse tout empreinte de spiritualité, la relation se noue entre la légèreté de la messagère et l’effleurement délicat des doigts de la magicienne. Moment pérenne, celui de la rencontre de deux énergies, de deux mondes, de deux époques, dans un entre-deux mondes éthéré au-delà de l’illusion du temps linéaire et des lieux éloignés.

Photographe vivant au sein des collines boisées de la Drôme, Niiv nous offre un univers personnel imprégné de légendes et d’anciennes traditions. Ses photographies nous emmènent sur des chemins de traverse, vers des contrées oniriques qui font naître en nous des réminiscences de vie que nous n’avons pas vécues et de paysages que nous n’avons jamais vus. Son univers enchanté et quasi merveilleux, puisque nous nous attendons à voir, à côté de ses « muses », apparaître des elfes et des chevaliers à tout moment, nous touche au plus profond. A la fois artiste et chamane, côtoyant la nature quotidiennement, à l’écoute des esprits de la forêt et des rivières, et dotée d’une réelle sensibilité, Niiv nous donne à voir un univers très personnel à travers ses magnifiques photographies, véritables poèmes qui nous entraînent dans des rêveries propices à l’écriture.

Stéphane Richard

Copyright: Niiv.
Copyright: Niiv.
Copyright: Niiv.
Copyright: Niiv.
Copyright: Niiv.
Copyright: Niiv.
Copyright: Niiv.
Copyright: Niiv.
Copyright: Niiv.
Copyright: Niiv.

Copyright: Niiv.

Vous pouvez voir les photographies de Niiv sur Facebook (Niiv Photography) et sur return-to-yggdrasil.wix.com/niiv.

Publié par Stéphane Richard sur

Vivant entre Paris et Stockholm (suédoise d’origine, elle se ressource régulièrement auprès des forêts de son enfance), Katarina Axelsson peint d’après nature à Yport en Normandie où elle a installé son atelier au milieu du Bois des Quarante Acres, lui permettant ainsi d’être immergée au plus près de sa thématique de prédilection. Les sous-bois, les arbres, les fleurs, les mousses, les étangs et autres marécages ou flaques d’eau qu’elle peint de façon toujours renouvelée sont une ode à cette nature sauvage à la fois si proche et pourtant si profondément mystérieuse. Il se dégage de ces paysages sylvestres une force pérenne et prégnante très ancienne qui nous touche au plus profond.

Ses peintures, véritables creusets picturaux alchimiques aux innombrables  nuances de vert se mêlant au gris, au gris bleuté, au marron, parsemées de touches de bleu, de jaune ou de violet, et enrichies, à certains endroits de véritables brins d’herbe, sont l’expression de la quête inlassable de l’artiste de l’essence même de la nature et des liens étroits qui unissent celle-ci et la création artistique. Ces bois, entre ombres et transparences, entre fluidité et densité impénétrable, s’ouvrant parfois sur de magnifiques ciels bleus azurés et lumineux de blanc, sont une parfaite métaphore de la psyché humaine. Ses compositions matiéristes, aux pigments visibles, ressemblant sur certains tableaux à de l’écorce d’arbre, grouillant de vie végétale, et dotées d’une profondeur singulière, fantastique même, où l’air vibre et où les ombres et les lumières jouent avec les arbres et la végétation, sont le fruit de l’imaginaire  foisonnant de pensées secrètes de l’artiste et effleurent de par leur authenticité notre intimité la plus enfouie. Nous devenons spectateurs attentifs, happés hors du temps par une force mystérieuse qui émane du tableau, en osmose avec la nature originelle et enchanteresse.

Stéphane Richard

Katarina Axelsson
Katarina Axelsson
Katarina Axelsson
Katarina Axelsson
Katarina Axelsson
Katarina Axelsson
Katarina Axelsson
Katarina Axelsson

Galerie Le Garage. 32 bis rue Scribe. Nantes.

Du jeudi 10 octobre au samedi 2 novembre 2013.

Du mardi au samedi de 14h00 à 18h00.

Publié par Stéphane Richard sur

Environnés de cascades, d’eaux gelées, de neige, de rivières et de ruisseaux, enveloppés par le brouillard, la pluie ou la pureté d’une atmosphère originelle et émerveillés par de fascinantes lumières qui nous dévoilent la beauté majestueuse des montagnes, des glaces et des vallées, le vent nous frôle, joue, danse avec nous et la solitude nous rassérène face à l’immensité et à la prégnance de ces paysages vierges de toute construction ou dégradation.

Nous accompagnons la photographe Ambre de l’AlPe et ressentons dans ces immensités propices à l’onirisme et à la méditation ce que nous pourrions être (et sommes de toute éternité) : des créatures en parfaite symbiose avec la nature. Quand l’errance au sein de la nature devient (dé)marche spirituelle (au sens de vie de l’esprit et du corps) et création artistique.

Stéphane Richard

Copyright: Ambre de l'AlPe.
Copyright: Ambre de l'AlPe.
Copyright: Ambre de l'AlPe.
Copyright: Ambre de l'AlPe.
Copyright: Ambre de l'AlPe.
Copyright: Ambre de l'AlPe.
Copyright: Ambre de l'AlPe.

Copyright: Ambre de l'AlPe.

Vous pouvez voir les photographies d'Ambre de l'AlPe sur Facebook (Ambre de l'AlPe Photographies) et sur www.ambredelalpe.com.

Publié par Stéphane Richard sur

Des coups de poing qui ébranlent l’âme et le corps. Les portraits de Laurent Bouro vous saisissent et s’impriment sur vos rétines pour ne plus vous lâcher. La puissance des modelés et des couleurs vives et vibrantes donne à ces visages qui s’extirpent littéralement du noir profond qui les environne une force majestueuse digne des sculptures monumentales d’anciennes civilisations. Les coulures/cicatrices témoignent du combat initial qui voit la vie émerger douloureusement du néant et insufflent à ces portraits une authenticité indéniable.

Laurent Bouro va à l’essentiel, ne s’encombre pas d’anecdotes inutiles et, malgré leur hiératisme, ces visages sont profondément charnels, voire même sensuels. Il nous donne à voir une peinture pulsionnelle d’une grande intensité expressive et émotionnelle qui émerge du chaos originel et qui se fixe de manière prégnante dans l’esprit de celui qui les regarde.

Stéphane Richard

Laurent Bouro
Laurent Bouro
Laurent Bouro
Laurent Bouro
Laurent Bouro
Laurent Bouro
Laurent Bouro
Laurent Bouro

. Galerie Carré d’Artistes l’Expo. 60 rue Saint-André-des-Arts, 75 006 Paris.

Jusqu’au 2 octobre 2013.

Ouvert du lundi au dimanche. De 11h00 à 20h00. (01 43 29 63 69).

. Espace d’exposition « La Laverie ». Rue du Port, 37 520 La Riche.

Exposition au mois d’octobre. (02 47 38 99 42).

. Galerie Chabrier. Passage Emmanuel-Chabrier, 37 700 Saint-Pierre-des-Corps.

Exposition au mois de novembre.

Mercredi et samedi de 9h00 à 12h00 et de 15h00 à 18h00.

Mardi, jeudi et vendredi de 14h00 à 18h00.

. Espace d’exposition « La Boîte noire ». 59 rue du Grand-Marché. Tours.

Exposition au mois de novembre.

Ouvert du mercredi au samedi. De 11h00 à 19h00. (06 99 19 52 22).

. Laurent Bouro est également exposé en permanence à la Galerie Cravantaise.

9 les Bouquerries, 37 500 Cravant-les-Coteaux.

Ouvert tous les jours sauf le mercredi. De 15h00 à 19h00. (09 75 57 00 16).

. Vous pouvez également aller sur son site : http://www.lbouro.fr.

Publié par Stéphane Richard sur

Dans ses dessins à l’encre, Isabelle de Belle Isle crée des êtres imaginaires, déforme des instruments de musique et des objets, nous fait part d’états d’âme, de situations, nous transporte dans des lieux imaginaires ou réels et nous fait rencontrer des personnages connus et inconnus. Qu’elle n’utilise que l’encre noire ou y insère des encres de couleur (orange, vert, bleu, rose, violet), elle nous donne à voir des atmosphères, des paysages, des univers à part entière et des figures, où chacun des traits a sa fonction et sa place. Son travail, d’une totale maîtrise, ne laisse pas de place au hasard bien que l’on sente, plus ou moins consciemment, la présence d’un monde sous-jacent, onirique et empreint de fantastique. On y découvre même, si l’on est attentif, des traces de civilisations anciennes comme si l’inconscient de l’artiste (et de chacun d’entre nous) était le réceptacle d’une mémoire universelle qui fait que l’humanité est une.

Dans ses acryliques, qui exaltent les couleurs (rose, vert, bleu, rouge, orange, jaune…), elle cherche à donner un sens à l’abstraction, à la rendre perceptible, sans pour autant l’emmener vers une véritable figuration. Ce qui se concrétise sur la toile est l’expression canalisée de ce qu’elle ressent à l’intérieur d’elle-même. Aucun concept ne sous-tend l’image proposée et aucune réalité donnée ne peut être identifiée de façon définitive. Le mystère n’est que partiellement dévoilé et renvoie celui qui regarde à son propre vécu pour ce qui est de l’interprétation.

Ses dessins et ses tableaux ont une force propre, comme si les traits posés sur la toile ou des papiers d’épaisseurs et de couleurs différentes (blanc, orange, rose, bleu, doré) prenaient leur indépendance, échappaient même à l’artiste, pour qu’un nouvel univers, avec une volonté farouche, se crée lui-même. Ce qui n’a rien d’étonnant quand on décèle, à certains endroits, ce qui ressemble étrangement à des partitions musicales même si aucune note n’apparaît. Ce sont les traits eux-mêmes qui deviennent notes de par leur tracé et figurent une musique qui imprègne nos rétines et non nos tympans. Une musique purement visuelle qui grouille d’êtres hybrides, mi-organiques, mi-abstraits. Des mondes en perpétuels mouvements.

Née en 1958, Isabelle Guillaume délaisse son patronyme en 2005 lorsqu’elle décide de se consacrer pleinement au dessin et le remplace par celui de Belle Isle, du nom de son île natale. Isabelle de Belle Isle donc, y passe toute son enfance et c’est au cours de celle-ci, à l’âge de dix ans, qu’après avoir vu une artiste peintre peindre sur du tissu, qu’elle commence à dessiner. Elle utilise ce qui lui tombe sous la main (crayons, feutres) et dessine des lettres et des personnages. A treize ans, elle se met à la gouache grâce à son professeur de dessin. Elle se découvre alors une vraie passion et continue à créer des formes figuratives aussi bien qu’abstraites.

Elle part à Vannes pour intégrer l’un des lycées de la ville. Elle fait la connaissance d’un nouveau professeur, lauréat du Prix de Rome, qui lui ouvre de nouveaux horizons. Elle découvre les natures mortes et se met à dessiner des vases, des fruits et des sculptures. Après l’obtention de son baccalauréat, elle part à Paris où elle suit des études théoriques sur le théâtre à la Sorbonne. Elle n’y reste qu’un an et part rejoindre des amis aux Pays-Bas au début des années quatre-vingts. Elle apprend la langue et passe avec succès le concours d’entrée du Conservatoire de Théâtre d’Amsterdam. Elle y reste cinq ans au cours desquels elle apprend à jouer la comédie, à danser, à faire des percussions, du montage vidéo, des décors, des costumes et de la mise en scène. Durant ces mêmes années, elle écrit et met en scène ses propres pièces de théâtre dans lesquelles, seule sur scène, elle se produit.

Après ses études de théâtre, elle prend des cours de piano, contrairement à l’époque où, adolescente, elle avait appris la guitare en autodidacte. Elle composait alors ses propres musiques et écrivait les textes qui accompagnaient celles-ci. Toujours à Amsterdam, elle fréquente de plus en plus le milieu du jazz. Au sein d’un studio (style cave de jazz) qu’elle a ouvert en bas de chez elle avec quelques amis, ils organisent des concerts et des jam sessions durant deux années. Néanmoins, petit à petit, elle s’éloigne du jazz pour se diriger vers d’autres styles musicaux tels que le rock, la new wave et la musique électronique. A la fin des années quatre-vingt, elle crée un spectacle qu’elle intitule « Shamra ». Elle compose la musique, danse, joue la comédie, crée les costumes et n’hésite pas à déléguer la mise en scène à plusieurs metteurs en scène qui enrichissent sa création de par leur approche personnelle.

En 1990, elle part à New York, visite les galeries et les musées et fait la traversée en voiture de l’Amérique d’est en ouest. Après avoir passé neuf mois outre-atlantique, elle revient en France puis, en 1992, elle part vivre à Londres et forme un groupe. Elle chante sur scène, traîne dans le milieu musical londonien et enregistre un disque, mélange, musicalement parlant, de soul et de jazz. Après avoir passé sept ans en Angleterre, elle rentre en France à la fin des années quatre-vingt-dix et s’installe à Nantes. En 2000, sous le nom de « Shamra » (du nom du spectacle qu’elle a créé une dizaine d’années plus tôt à Amsterdam) elle sort un album pop/folk éponyme. Elle continue depuis lors à chanter et à se produire sur scène. Parallèlement à sa carrière d’auteure compositrice interprète, elle reprend le dessin en 2005 puis se met à la peinture. Elle travaille actuellement à des tableaux abstraits (peinture à l’huile) tout en se consacrant à la préparation de son troisième album qu’elle ira enregistrer à Londres en 2014.

 

Stéphane Richard

Isabelle de Belle Isle
Isabelle de Belle Isle
Isabelle de Belle Isle
Isabelle de Belle Isle
Isabelle de Belle Isle
Isabelle de Belle Isle

Si vous souhaitez voir les oeuvres d'Isabelle de Belle Isle, n'hésitez pas à prendre rendez-vous avec elle (isabelleisle@gmail.com).

Publié par Stéphane Richard sur

Personnage ailé, à deux têtes, chevauchant un pégase, serrant sa maison dans ses bras, tenant un oiseau ou un agneau, s’agenouillant dans une petite barque, se protégeant, enlaçant un enfant… multiples sont les situations dans lesquelles Ruta Jusionyte met en scène ses personnages énigmatiques. Ses étonnantes sculptures nous donnent le frisson quand nous nous apercevons qu’ils nous regardent intensément de leurs yeux absents. Deux trous noirs qui donnent le vertige tant leur profondeur semble infinie et nous interrogent sur la magie mystérieuse utilisée par l’artiste pour façonner ces visages qui expriment à la perfection toute la palette des sentiments humains.

Curieuses, étonnées, mélancoliques, solitaires, angoissées, joyeuses… elles vivent à fleur d’âme et de terre et leur silence plus qu’éloquent nous parle et nous interroge sur notre propre intimité. Elles habitent pleinement l’espace qu’elles occupent, elles se l’accaparent et, plus le temps s’écoule, plus nous entrons dans leur univers et plus nous comprenons leur innocence, leur authenticité et même, d’une certaine façon, leur sagesse. Elégantes et fragiles, fortes et atemporelles, nues et les yeux grands ouverts et pénétrants, provenant de nous ne savons quelle contrée, elles sont sans aucun doute l’expression plastique de l’histoire et de la vie intérieure de l’artiste.

Nous avons eu la chance de voir ses œuvres au sein de la regrettée Galerie Alain Rouzé en 2011. Nous ne savons pas si elle reviendra à Nantes afin que nous puissions (re)voir ses magnifiques sculptures et découvrir ses nouvelles peintures où la couleur fait son apparition, mais si vous avez l’occasion de voir ses œuvres dans les villes où Ruta Jusionyte expose, n’hésitez pas à vous imprégner de celles-ci.

Stéphane Richard

Ruta Jusionyte

. Galerie Claudine Legrand. 49 rue de Seine, 75 006 Paris.

Du jeudi 10 au mercredi 30 octobre 2013.

Du mardi au vendredi de 14h00 à 19h00.

Le samedi de 11H00 à 13h00 et de 14h00 à 19h00.

. Les sculptures de Ruta Jusionyte sont exposées en permanence au sein de la Galerie Schwab Beaubourg (54 rue Quimcampoix, 75 004 Paris).

Ouvert du mardi au samedi. De 12h00 à 19h00.

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“Revue axée sur les Arts Plastiques. ”

Rédigé par Stéphane Richard

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