Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Artys

Revue axée sur les Arts Plastiques

Publié par Stéphane Richard sur

Dans ses dessins à l’encre, Isabelle de Belle Isle crée des êtres imaginaires, déforme des instruments de musique et des objets, nous fait part d’états d’âme, de situations, nous transporte dans des lieux imaginaires ou réels et nous fait rencontrer des personnages connus et inconnus. Qu’elle n’utilise que l’encre noire ou y insère des encres de couleur (orange, vert, bleu, rose, violet), elle nous donne à voir des atmosphères, des paysages, des univers à part entière et des figures, où chacun des traits a sa fonction et sa place. Son travail, d’une totale maîtrise, ne laisse pas de place au hasard bien que l’on sente, plus ou moins consciemment, la présence d’un monde sous-jacent, onirique et empreint de fantastique. On y découvre même, si l’on est attentif, des traces de civilisations anciennes comme si l’inconscient de l’artiste (et de chacun d’entre nous) était le réceptacle d’une mémoire universelle qui fait que l’humanité est une.

Dans ses acryliques, qui exaltent les couleurs (rose, vert, bleu, rouge, orange, jaune…), elle cherche à donner un sens à l’abstraction, à la rendre perceptible, sans pour autant l’emmener vers une véritable figuration. Ce qui se concrétise sur la toile est l’expression canalisée de ce qu’elle ressent à l’intérieur d’elle-même. Aucun concept ne sous-tend l’image proposée et aucune réalité donnée ne peut être identifiée de façon définitive. Le mystère n’est que partiellement dévoilé et renvoie celui qui regarde à son propre vécu pour ce qui est de l’interprétation.

Ses dessins et ses tableaux ont une force propre, comme si les traits posés sur la toile ou des papiers d’épaisseurs et de couleurs différentes (blanc, orange, rose, bleu, doré) prenaient leur indépendance, échappaient même à l’artiste, pour qu’un nouvel univers, avec une volonté farouche, se crée lui-même. Ce qui n’a rien d’étonnant quand on décèle, à certains endroits, ce qui ressemble étrangement à des partitions musicales même si aucune note n’apparaît. Ce sont les traits eux-mêmes qui deviennent notes de par leur tracé et figurent une musique qui imprègne nos rétines et non nos tympans. Une musique purement visuelle qui grouille d’êtres hybrides, mi-organiques, mi-abstraits. Des mondes en perpétuels mouvements.

Née en 1958, Isabelle Guillaume délaisse son patronyme en 2005 lorsqu’elle décide de se consacrer pleinement au dessin et le remplace par celui de Belle Isle, du nom de son île natale. Isabelle de Belle Isle donc, y passe toute son enfance et c’est au cours de celle-ci, à l’âge de dix ans, qu’après avoir vu une artiste peintre peindre sur du tissu, qu’elle commence à dessiner. Elle utilise ce qui lui tombe sous la main (crayons, feutres) et dessine des lettres et des personnages. A treize ans, elle se met à la gouache grâce à son professeur de dessin. Elle se découvre alors une vraie passion et continue à créer des formes figuratives aussi bien qu’abstraites.

Elle part à Vannes pour intégrer l’un des lycées de la ville. Elle fait la connaissance d’un nouveau professeur, lauréat du Prix de Rome, qui lui ouvre de nouveaux horizons. Elle découvre les natures mortes et se met à dessiner des vases, des fruits et des sculptures. Après l’obtention de son baccalauréat, elle part à Paris où elle suit des études théoriques sur le théâtre à la Sorbonne. Elle n’y reste qu’un an et part rejoindre des amis aux Pays-Bas au début des années quatre-vingts. Elle apprend la langue et passe avec succès le concours d’entrée du Conservatoire de Théâtre d’Amsterdam. Elle y reste cinq ans au cours desquels elle apprend à jouer la comédie, à danser, à faire des percussions, du montage vidéo, des décors, des costumes et de la mise en scène. Durant ces mêmes années, elle écrit et met en scène ses propres pièces de théâtre dans lesquelles, seule sur scène, elle se produit.

Après ses études de théâtre, elle prend des cours de piano, contrairement à l’époque où, adolescente, elle avait appris la guitare en autodidacte. Elle composait alors ses propres musiques et écrivait les textes qui accompagnaient celles-ci. Toujours à Amsterdam, elle fréquente de plus en plus le milieu du jazz. Au sein d’un studio (style cave de jazz) qu’elle a ouvert en bas de chez elle avec quelques amis, ils organisent des concerts et des jam sessions durant deux années. Néanmoins, petit à petit, elle s’éloigne du jazz pour se diriger vers d’autres styles musicaux tels que le rock, la new wave et la musique électronique. A la fin des années quatre-vingt, elle crée un spectacle qu’elle intitule « Shamra ». Elle compose la musique, danse, joue la comédie, crée les costumes et n’hésite pas à déléguer la mise en scène à plusieurs metteurs en scène qui enrichissent sa création de par leur approche personnelle.

En 1990, elle part à New York, visite les galeries et les musées et fait la traversée en voiture de l’Amérique d’est en ouest. Après avoir passé neuf mois outre-atlantique, elle revient en France puis, en 1992, elle part vivre à Londres et forme un groupe. Elle chante sur scène, traîne dans le milieu musical londonien et enregistre un disque, mélange, musicalement parlant, de soul et de jazz. Après avoir passé sept ans en Angleterre, elle rentre en France à la fin des années quatre-vingt-dix et s’installe à Nantes. En 2000, sous le nom de « Shamra » (du nom du spectacle qu’elle a créé une dizaine d’années plus tôt à Amsterdam) elle sort un album pop/folk éponyme. Elle continue depuis lors à chanter et à se produire sur scène. Parallèlement à sa carrière d’auteure compositrice interprète, elle reprend le dessin en 2005 puis se met à la peinture. Elle travaille actuellement à des tableaux abstraits (peinture à l’huile) tout en se consacrant à la préparation de son troisième album qu’elle ira enregistrer à Londres en 2014.

 

Stéphane Richard

Isabelle de Belle Isle
Isabelle de Belle Isle
Isabelle de Belle Isle
Isabelle de Belle Isle
Isabelle de Belle Isle
Isabelle de Belle Isle

Si vous souhaitez voir les oeuvres d'Isabelle de Belle Isle, n'hésitez pas à prendre rendez-vous avec elle (isabelleisle@gmail.com).

À propos

Artys

“Revue axée sur les Arts Plastiques. ”

Rédigé par Stéphane Richard

Articles récents

Hébergé par Overblog