Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Artys

Revue axée sur les Arts Plastiques

Publié par Stéphane Richard sur

La Galerie Montesquieu nous propose une nouvelle exposition autour de la sculptrice Francine Toulemonde après celle très remarquée et remarquable sur le « bordel » (eh oui, le bordel c’est de l’art). Scénographie champêtre, feuilles d’arbres recouvrant le sol, éclairage tamisé, les bougies, dont les flammes lèchent de leur fragile douceur les sculptures, les photographies monumentales du jardin de la maison où vivait l’artiste et les sculptures en bronze, parsèment le lieu dans une atmosphère à la fois sereine et intime.

Loin de tout intellectualisme, Francine Toulemonde est une instinctive que le corps humain passionne et questionne. Son travail se situe résolument dans l’ordre du réalisme et ses sculptures semblent vivantes tant elle maîtrise à la perfection son métier et la technique dite « à la cire perdue ». Elle aborde des sujets très sérieux comme l’esclavage avec cette œuvre magnifique intitulée « Histoire sans fin ? » qui montre onze esclaves se suivant les uns les autres, prêts à embarquer dans l’un de ces navires de sinistre mémoire, et dont les attitudes corporelles nous donnent à voir tous les sentiments que peuvent éprouver des hommes plongés dans un tel enfer : de la soumission à la révolte, de la souffrance à la solidarité, en passant par la peur et la résignation.

A l’opposé, dans d’autres créations, elle fait preuve d’un humour grinçant comme dans « Je rentrerai tard ce soir » où un homme et une femme, dans un acte sexuel fougueux, téléphonent à leurs conjoints respectifs. C’est également le cas dans une autre sculpture, « Gemzar or not Gemzar », où un singe regarde pensivement ce qui semble être le crâne d’un ancêtre lointain et se demande « Etre ou ne pas être, telle est la question ». Qui n’a pas encore compris que l’homme ne descend pas du singe mais qu’il est un singe ? N’oublions pas non plus ses animaux tels les cochons qui remplacent à merveille les hommes dans leurs comportements alimentaires ou ces monstres fabuleux et hybrides sortis tout droit d’une féconde imagination et ces fantastiques centaures moqueurs ou guerriers dont l’un d’entre eux, dans un merveilleux équilibre sur un support d’une extrême étroitesse, s’apprête à donner le coup de grâce à un animal invisible à nos yeux.

De l’œuvre éclectique de Francine Toulemonde, émergent des sentiments d’une grande générosité dont nous sentons les vibrations tout autour de nous.

Stéphane Richard

Francine Toulemonde
Francine Toulemonde

Galerie Montesquieu. 4 place de la Monnaie. Nantes.

Jusqu'au samedi 15 décembre 2012.

Du mardi au samedi de 14h30 au samedi 19h00.

À propos

Artys

“Revue axée sur les Arts Plastiques. ”

Rédigé par Stéphane Richard

Articles récents

Hébergé par Overblog