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Artys

Revue axée sur les Arts Plastiques

Publié par Stéphane Richard sur

Née à Glasgow en 1953, Doreen Le Marinel est précoce puisqu'elle dessine et peint dès l'âge de 6 ans. A l'époque, elle dessine déjà des visages et des figures, pratique qu'elle poursuivra jusqu'à l'âge de 26 ans. Elle arrive en France en 1981 et s'installe à Paris. Dans les années quatre-vingt, elle visite régulièrement les musées et les galeries d'art qui la nourrissent humainement mais aussi artistiquement. Des peintres tels que Gustav Klimt ou Egon Schiele la touchent tout particulièrement sans oublier Camille Claudel dont les sculptures seront une source d'inspiration pour son futur travail.

En 1989, elle intègre un atelier libre de la Ville de Paris où elle dessine durant deux années d'après des modèles vivants. En 1991, elle fait une résidence de six mois dans un autre atelier parisien où elle découvre et apprend la technique de la peinture à l'huile, ce qui lui permet de travailler la couleur en profondeur. A partir de cette même année, elle participe à ses premières expositions en montrant des pastels et des dessins à l'encre de Chine, que ce soit à Paris (en 91) ou dans les Salons de peinture de Cholet et de Saint-Sébastien (de 93 à 95). Elle y expose ses peintures dont les thèmes ethniques s'affirment. L'on y croise notamment des Aborigènes, des Africaines ainsi que des Bretonnes. Cette dernière source d'inspiration n'ayant rien d'étonnant puisqu'elle est venue s'installer en Bretagne en 1992.

En 1996, elle abandonne la peinture à l'huile après avoir rencontré des artistes qui lui font découvrir la peinture acrylique. Dès lors, celle-ci devient son médium de prédilection. Elle abandonne la toile traditionnelle et utilise de nouveaux supports tels que le bois, le papier kraft et le papier de soie. A l'acrylique, elle associe des pigments, du sable et des bandes médicales. Ses tableaux contiennent plus de matière et elle se sert d'encres acryliques pour faire, à la plume, des dessins sur la peinture. Plume qui lui permet également, à partir de 1999, d'écrire des textes sur certains de ses tableaux. Qu'il s'agisse d'un poème, d'un extrait de chanson ou de ses propres textes, ils s'entremêlent si naturellement avec les figures que ce subtil mélange entre figuratif et graphisme coule de source, fusionne et devient pure vision.

Bien qu'elle ait changé de médium et de support, ses thèmes demeurent les mêmes qu'auparavant. Ses tableaux nous embarquent vers des contrées lointaines et des peuples et des traditions en voie de disparition. Ils nous parlent des exilés, des clandestins, des nomades, de souffrance. Les corps eux-mêmes font référence aux arts premiers puisqu'ils s'allongent et font songer à des totems.

En 2003, elle vient vivre à Saint-Molf, près de Guérande, et ouvre un atelier, ce qui lui permet de travailler sur de grands formats. Elle définit ses oeuvres par le mot arabe "Rakima" qui englobe tout à la fois des notions de couleur, de forme et d'écriture. Elle ne cherche pas à copier le monde qui nous entoure mais à le transcender pour en créer un nouveau dont émanent néanmoins des réminiscences du premier. Rien d'étonnant à ce qu'elle se reconnaisse donc dans les propos du poète syrien Adonis: "La poésie, l'art, c'est un prolongement de l'existence. Par eux je ne cherche pas à reproduire la réalité mais à en inventer une autre".

Les peintures de Doreen Le Marinel nous emmènent à la rencontre de cultures traditionnelles, de personnages mythologiques et littéraires (Pénélope, Pandore, Salomé, Héloïse, sans oublier l'emblématique Roméo), sur des chemins de traverse à la recherche de traces anciennes proches des peintures rupestres et nous parlent de la quête de l'eau avec les sourciers et du respect de la terre avec les chamans et autres magiciens.

Les thématiques de ses tableaux, les différents supports utilisés (toiles, papier kraft ou planches de bois) et l'utilisation de couleurs telles que le rouge orangé, le brun rouge, l'ocre ou le bleu outremer (qu'elle peigne ou mélange des pigments et du sable qu'elle applique directement sur la surface) invitent à la fois au voyage et à la méditation tout en nous baignant dans une atmosphère de paix et de sérénité.

Stéphane Richard

Doreen Le Marinel

Maison du Patrimoine. Place de la Mairie. Mesquer.

Du mardi 9 au jeudi 18 juillet 2013. Exposition collective.

Ouvert tous les jours. De 10h30 à 12H30 et de 15H00 à 19h00.

Publié par Stéphane Richard sur

Profondément passionnée par l’acte de peindre, Laurence Le Claire pratique son art avec assiduité et forge son propre langage pictural. La joliesse ne l’intéresse pas. Ce qui la motive, c’est la vérité. La vérité dans toute sa nudité, avec ses moments d’éclaircie mais aussi ses ombres. Qu’il s’agisse d’un visage ou d’un corps, elle ne triche pas avec la réalité, elle ne l’embellit pas, elle le montre tel qu’il est, avec ses défauts et ses qualités. Les aléas du geste de peindre lui-même provoquent des tâches et des coulures auxquelles elle ne touche pas tant elles semblent y trouver naturellement leur place. Sa peinture est expressionniste, à fleur d’âme et de peau.

A d’autres moments, le geste s’apaise et les figures s’épanouissent sereinement dans un environnement où nulle trace de tension ne subsiste. Certaines d’entre elles tendent même à s’évanouir dans les couleurs et seuls les yeux percent d’une profonde intensité qui interroge, ou même invite à une conversation, celui qui regarde. Puis, elles disparaissent jusqu’à se fondre dans la peinture elle-même et confinent ainsi à une quasi abstraction.

Sa peinture affirme l’humain dans toutes ses composantes et les couleurs posées avec rapidité sur la toile ne souffrent pas le compromis. Qu’elles soient chaudes ou qu’elles soient froides, elles nous dévoilent la véracité de l’âme humaine derrière les apparences. Sa peinture est une quête inlassable de ce qu’il y a d’authentique et de singulier en chacun d’entre nous.

Stéphane Richard

Laurence Le Claire
Laurence Le Claire
Laurence Le Claire
Laurence Le Claire
Laurence Le Claire
Laurence Le Claire

Atelier Expo. 14 rue Joseph-Caillé. Nantes.

Du mardi 9 au dimanche 14 juillet 2013. Exposition collective.

Ouvert tous les jours. De 10h30 à 14h00 et de 15h00 à 19h00.

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Rédigé par Stéphane Richard

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