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Artys

Revue axée sur les Arts Plastiques

Publié par Stéphane Richard sur

Thématique récurrente en parallèle à ses oeuvres taurines ou à ses portraits, Martine Pinsolle peint des baigneuses et des nues. Peintre d’atelier, le dessin est primordial dans l’élaboration de ses compositions picturales. Nous sentons l’héritage de la tradition dans son travail de par l’importance qu’elle accorde au dessin justement, de par son sujet de prédilection, le corps, et de par le médium qu’elle utilise, la peinture. L’utilisation judicieuse de la toile de jute donne à ses peintures, grâce à cette juxtaposition du support rêche et du raffinement des modèles peints, une réelle profondeur tant le côté rugueux de la surface enrichit l’image elle-même et lui donne plus de force.

De dos, de face, de profil, allongées, assises, lisant, marchant, promenant un chien, regardant vers l’horizon, prenant des photographies, sous une douche, seules ou à deux, silencieuses ou prises dans des conversations dont nous ne sommes que les témoins curieux, les personnages que nous donne à voir l’artiste semblent se détacher du fond azuré du tableau pourtant sans perspective aucune ni décors superflus et dessinent une véritable chorégraphie quand nous regardons dans un mouvement circulaire très rapide, les unes après les autres, la soixantaine d’œuvres exposées. Ses nues expressionnistes, séduisantes mais non pas impudiques, aux couleurs sombres rehaussées de blanc qui éclaire leur nudité sur des fonds noirs, provoquent un contraste saisissant avec ses baigneuses très sages sises dans leur environnement dépouillé.

L’important est le corps humain et le dévoilement de ses baigneuses et de ses nues magnifiques sont le prétexte à nous montrer ce corps dans de nombreuses positions nous offrant par là même un festival de lignes où les courbes et les arabesques sont à l’honneur. Ses baigneuses et ses nues nous font partager, à travers leur beauté plastique, un moment de leur vie, leur intimité même. Et nous en sommes les spectateurs privilégiés.

Stéphane Richard

Martine Pinsolle
Martine Pinsolle
Martine Pinsolle
Martine Pinsolle
Martine Pinsolle
Martine Pinsolle
Martine Pinsolle
Martine Pinsolle
Martine Pinsolle

Galerie Le Garage. 32 bis rue Scribe. Nantes.

Du jeudi 23 mai au samedi 29 juin 2013.

Du mardi au samedi de 14h00 à 18h00.

Publié par Stéphane Richard sur

Aussi loin qu’elle s’en souvienne, Marie-Françoise Alléhose a toujours baigné dans une atmosphère créative puisque, dès son plus jeune âge, elle créait des objets avec tout ce qui lui tombait sous la main, dessinait, peignait et faisait des collages. De retour en France, après avoir passé son adolescence en Algérie où elle apprend les techniques de la poterie traditionnelle berbère et de la céramique, elle intègre l’Ecole des Beaux-Arts d’Angers mais n’y reste qu’une année préférant développer sa propre entreprise de création d’accessoires mode. A trente ans, elle reprend ses études et s’inscrit à l’Esmod de Nice et,  diplôme en poche trois ans plus tard, elle travaille dans le milieu de la mode (notamment pour Carven) durant vingt-cinq ans en tant que styliste puis designer textile et coloriste avant de devenir directrice artistique. Ces différentes fonctions lui permettent de voyager dans de nombreux pays qui auront un impact sur ses créations futures grâce aux différentes cultures qu’elle côtoie et qui la nourrissent en profondeur.

Elle arrête de travailler en 2009 et « une heureuse rencontre avec de vieux papiers » (dixit l’artiste) lui donne l’envie de renouer avec la création artistique. Ces « vieux papiers » ne sont rien moins qu’un véritable fonds patrimonial que lui lègue son père lorsque celui-ci meurt et dont les documents familiaux les plus anciens remontent au dix-septième siècle. Son arrière grand-père, Henri Delahaye, était lithographe, imprimeur, éditeur et propriétaire des établissements Charpentier à Nantes (il éditait notamment les dessinateurs Emile Benoist et Hippolyte Lahaisse) et avait en sa possession des documents de toutes sortes (lithographies, lettres, carnets de notes, quittances de loyer, missels, devoirs scolaires) qui s’étaient accumulés au fil du temps et que la famille gardait précieusement génération après génération.

C’est avec cet héritage singulier et conséquent que Marie-Françoise Alléhose élabore sa démarche artistique. Nulle trace de nostalgie dans ce processus très personnel mais, bien au contraire, elle s’approprie l’histoire de sa famille et lui donne une nouvelle vie en la transformant en œuvre d’art. Elle découpe ces différents documents et les assemble en des patchworks qui lui servent de fond et sur lesquels, d’un geste leste et rapide, elle peint à l’aquarelle liquide des paysages imaginaires, véritables cartographies géographiques et temporelles qui laissent transparaître les écrits de ses aïeux, ou invente des nouveaux vocabulaires proches de la calligraphie. Bien que maîtrisé, son geste reste spontané et il en découle des effets imprévisibles qui participent de la création elle-même. Les compositions s’organisent, se structurent, l’acte de peindre se mêle à la mémoire et l’œuvre devient pérenne.

Parallèlement à son travail de peintre, elle crée des totems, porteurs, dans de nombreuses civilisations, non seulement de protection mais également de mémoire. Qu’ils soient tridimensionnels ou bidimensionnels, ses totems, comme ses peintures, allient l’ancien et le moderne. Bois, feuilles d’or, palladium, céramique, béton, fils de fer et de lin, clous, tels sont les matériaux qu’elle utilise pour les fabriquer. Empreints de spiritualité, ils s’élèvent vers le ciel et les être humains stylisés qui les ornent tissent un lien avec l’univers, le passé et le présent. Symbiose de l’humain, du minéral et du végétal, ses totems sont un véritable dialogue holistique entre l’humanité et son environnement proche ou lointain et une ode à la vie.

Qu’il s’agisse de ses peintures ou de ses totems, Marie-Françoise Alléhose allie à merveille les matériaux, les époques, son sens des couleurs et sa maîtrise gestuelle dans un acte créatif original absolument contemporain.

Stéphane Richard

Marie-Françoise Alléhose
Marie-Françoise Alléhose
Marie-Françoise Alléhose
Marie-Françoise Alléhose
Marie-Françoise Alléhose
Marie-Françoise Alléhose

Galerie Le Quatre. 4 rue Kléber. Nantes.

Du jeudi 16 au vendredi 31 mai 2013 pour l'exposition des peintures.

Du jeudi 6 au vendredi 28 juin 2013 pour l'exposition des totems.

Du mercredi au vendredi de 14h30 à 19h00.

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“Revue axée sur les Arts Plastiques. ”

Rédigé par Stéphane Richard

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