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Artys

Revue axée sur les Arts Plastiques

Publié par Stéphane Richard sur
Publié dans : #Auteur, #Art, #Peinture, #Sculpture, #Photographie, #Art dit contemporain

Mon livre "Artys", qui regroupe la quasi-totalité des textes (sans reproductions photographiques et sans les informations concernant les lieux et dates d'expositions) que j'ai publiés sur ce blog, est disponible dès à présent sur le site de la Maison d'Edition "Edilivre". Si vous souhaitez le commander, il vous suffit de cliquer sur le lien suivant: http://www.edilivre.com/catalog/product/view/id/766764/s/artys-stephane-richard/

"Artys": 10 euros (+ frais de port), 54 pages, format 20x13, couverture blanche.

Vous pouvez également le commander auprès de votre librairie préférée ou sur www.fnac.com, www.amazon.fr et www.chapitre.com.

Artistes (dans l'ordre d'apparition):

Gaëlle Le Guillou, Régis Perray, Francine Toulemonde, Jean-Paul Friol, Hélène Jacqz, Robert Henke, Armen Saakyan, Kamil Vojnar, Hubert Paressant, Marie Auger, Xavier Le Lagadec, Anne Pourny, Omer Amblas, Carlos Ciriza, Kim Kyung-Jin, Martine Pinsolle, Pierre Sgamma, Alain Duschesne, Laurence Le Claire, Ruta Jusionyte, Isabelle de Belle Isle, Laurent Bouro, Ambre de l'AlPe, Katarina Axelsson, Niiv, Antoine Correia, Isabelle Vialle, Jérôme Delépine, Anne Gaiss, Liza Vodyanova, Jorj Morin, Catherine Duchêne, SylC, Nathalie Gauglin, Julie de Waroquier, Evelyne Galinski, Aurore Le Philipponnat, Goxwa, Thierry Dalat, Sandrine Paumelle, Odile Jaouen, Gabriella Benevolenza, Georges Mazilu, Etienne Gros, Maria Kreyn, Patrice Giorda, Daria Endresen... suivi d'un pamphlet à l'encontre de l'art dit "contemporain".

Artys... le livre!
Publié par Stéphane Richard sur

La beauté, bien trop souvent considérée comme superficielle ou dangereuse, conséquence néfaste d’une volonté, tout au long du vingtième siècle, de faire table rase du passé afin de faire advenir les illusoires et totalitaires « lendemains qui chantent » et autres « grands soirs », y compris en matière d’art, la beauté donc, a été rejeté par nombre d’artistes qui ne voyaient en celle-ci que l’apanage de la bourgeoisie triomphante. Positionnement purement idéologique totalement stupide et délétère qui laissait accroire que, puisque les bourgeois aiment le beau, le beau est bourgeois, et qu’il fallait donc s’en débarrasser afin de créer un nouvel art, libre de toute idéologie. Certains n’ont pas hésité à décréter, du haut de leurs convictions personnelles transformées en vérité absolue, qu’il n’était plus possible de créer du beau dans un monde de laideur et qu’il fallait dénoncer celui-ci en le montrant tel qu’il est. Mais qu’ont-ils fait d’autre sinon que d’ajouter de la laideur à laideur ?

Les avant-gardes historiques ont tiré leur révérence à la fin des années 70 / début 80 pour laisser la place à un postmodernisme confondant de médiocrité et totalement vain, érigeant l’ego du soi-disant artiste au-dessus de l’œuvre. Conséquence logique de l’abandon du faire pour le concept, l’idée prévalant sur l’objet créé. Au grenier de l’histoire les peintres et les sculpteurs au bénéfice du concept roi, pauvre petit roitelet sans couronne autre que celle de son indigeste vacuité déprimante. Marcel Duchamp en est-il le responsable ou bien était-il un véritable transgressif plein d’ironie mordante tandis que ceux qui se réclament de lui depuis les années 60 n’ont fait qu’institutionnaliser le caractère (pseudo ?) révolutionnaire de son travail pour en faire la norme, pour en faire un nouvel académisme dont Daniel Buren est le plus emblématique représentant en France ? Marcel Duchamp avait bien conscience du problème et ne manqua pas de lucidité quand il qualifia la manifestation numéro 3 du groupe BMPT (Daniel Buren, Olivier Mosset, Michel Parmentier, Niele Toroni) aux Arts Déco en janvier 1967 d’« emmerdatoire ». Ce seul mot de sa part fut suffisant pour exprimer la médiocrité (les bandes verticales de Buren, le cercle noir de Mosset, les bandes horizontales de Parmentier, les traces de pinceau n°50 à intervalles réguliers de Toroni) de cette manifestation dont l’arrogance dictatoriale est manifeste quand nous regardons les toiles en question et écoutons les discours tenus à cette occasion. A défaut de pouvoir débarrasser la peinture de son caractère idéologique et prétendument réactionnaire, ils n’ont fait qu’inventer une nouvelle idéologie bien pire que celle qu’ils voulaient éradiquer, vouant la peinture et la sculpture aux gémonies. Le pire (et le plus drôle) dans cette farce grotesque est que le « révolutionnaire » Daniel Buren est devenu depuis lors l’artiste officiel de l’art français, un pompier grand bourgeois de première classe infligeant au public (et à de nombreux monuments) ses dérisoires bandes verticales de 8,7 centimètres de large.

Les mouvements des années 60 et 70, placées sous le vide intersidéral du Minimal Art (Barnett Newman, Sol LeWitt, Frank Stella, Donald Judd, …) et de l’art conceptuel (Joseph Kosuth, Lawrence Weiner, Hans Haacke, Joseph Beuys, Jenny Holzer, Robert Morris, Daniel Buren, Roman Opalka, …) ont mis fin aux avant-gardes des décennies précédentes qui recelaient encore du sensible et de l’émotion pour laisser la place à une « création » d’une totale sécheresse. Le « Less is more » de Ludwig Mies Van der Rohe (1930) est devenu un less is nothing qui résume et signifie bien que les travaux proposés par les artistes de ces mouvements et de ceux qui s’en réclament encore aujourd’hui ne sont qu’une immense arnaque, une vaste fumisterie, enrobée dans des discours pompeux, alambiqués, pauvres sécrétions de masturbation neuronale. Les analphabètes mondains n’osent toujours pas émettre la moindre critique de peur de passer non seulement pour des imbéciles mais également pour des réactionnaires, voire pour d’immondes fascistes, et s’extasient devant ce qu’ils pensent être l’expression d’un art d’une intelligence supérieure alors qu’il ne font qu’admirer le néant. A la fin des années 70 et au début des années 80, un retour salutaire de la peinture se produit en Europe et aux Etats-Unis avec les néo-expressionnistes ou nouveaux fauves allemands (Georg Bazelitz, Anselm Kiefer, Rainer Fetting, Markus Lüpertz, …), la trans-avant-garde italienne (Sandro Chia, Francesco Clemente, Enzo Cucchi, Mimmo Paladino, …), la figuration libre (Robert Combas, François Boisrond, Hervé Di Rosa, Rémy Blanchard, …) et la figuration savante (Gérard Garouste, Jean-Michel Alberola, Jean-Charles Blais) françaises ou la Bad Painting américaine (Julian Schnabel, Neil Jenney, Jean-Michel Basquiat, David Salle, …), un mouvement de fond salvateur après la sécheresse artistico/intellectuelle des deux précédentes décennies, mouvement qui mettra fin aux avant-gardes historiques mais qui ne durera qu’un temps pour laisser la place au postmodernisme et à son cortège de prodigieuses nullités que l’art dit « contemporain » nous inflige depuis lors en pauvre héritier ridicule de l’axe duchampo/warholo/conceptualo/installationiste qui n’a eu de cesse de vouloir éradiquer l’art véritable.

En France, au début des années 80, l’art conceptuel devient l’art officiel, un art d’état, une nouvelle religion avec ses inquisiteurs (pardon, ses inspecteurs… de la création !... pauvre oxymore liberticide) à laquelle l’on doit se soumettre sous peine d’être catalogué « hérétique » (pardon, réactionnaire faisant le jeu de l’extrême droite), la peinture et la sculpture, ces anciennes déesses d’un âge révolu, étant considérées comme désuets par les Maîtres du nouveau culte. Les FRAC (Foutoirs Ridicules Absents de Création) deviennent les temples de cette nouvelle religion dite « art contemporain » d’une prétention proportionnellement inverse au vide qu’elle brasse et dont la justification pitoyable se fait par l’intermédiaire de textes abscons compréhensibles uniquement par une élite autoproclamée et dont l’intellectualisme étriqué, boursouflé et prétentieux est la preuve flagrante de la vacuité des travaux présentés. Depuis un peu plus d’une trentaine d’années donc, les FRAC accumulent, accumulent… et sont pleines à craquer d’ « œuvres » vues par le petit monde de l’art contemporain les soirs de vernissage et, le reste du temps, par tous ces pauvres scolaires que l’on amène dans ces lieux qui sentent la solitude et la sécheresse émotionnelle afin de leur montrer (et de leur faire accroire) ce qu’est l’art d’aujourd’hui, alors que toutes ces installations et accumulations diverses et variées n’arrivent pas à la cheville de n’importe quel vide grenier qui lui, quand on y pense, semble posséder, a contrario, une réelle valeur artistique… Comme quasiment personne d’autre, en-dehors de cette élite auto proclamée, des Beauxzartiens et des scolaires, ne vient dans ces lieux d’une infinie tristesse, les artistes internationaux bankable leur préfèrent les Foires internationales d’art contemporain et les lieux emblématiques qui leur assureront une visibilité maximale grâce aux médias. La mondialisation aide grandement à la multiplication de celles-ci et toutes les grandes villes qui veulent avoir un rayonnement à l’échelle de la planète ont (de Londres à Tokyo, de Paris à Taipei, de Hong Kong à New York, de Venise à Singapour, de Venise à Los Angeles en passant par Bâle, Dubaï ou Barcelone…) ou veulent avoir la leur. Quant aux lieux prestigieux des villes d’un pays comme la France (le Château de Versailles, la place Vendôme à Paris ou le Château des Ducs de Bretagne à Nantes… suivez mon regard), ils deviennent les magnifiques écrins de la camelote faussement provocatrice/transgressive d’artistes soutenus à la fois par la finance internationale et par le pouvoir en place… ou quand l’art d’état et les finances publiques s’accoquinent avec cette finance globalisée dont la seule raison d’être est la spéculation. Opération de communication d’un côté et notoriété accrue pour l’artiste qui voit le prix de ses œuvres grimper pour le plus grand bénéfice des financiers qui le soutiennent. L’art dit « contemporain » est devenu l’acmé du capitalisme financier mondialisé. Le marché de l’art « contemporain » est celui qui se porte le mieux d’entre tous depuis la crise des subprimes. Celui-ci permet donc toutes les spéculations financières en faisant circuler l’argent que les détenteurs ne savent plus où placer tant ils en ont, tout en espérant en gagner encore plus jusqu’au jour où cette bulle financière ne manquera de leur éclater au visage. Expression du cynisme et de l’argent facile, l’art dit « contemporain » international n’est qu’un business comme un autre et n’a que faire de la valeur artistique des objets présentés, ce qui peut se comprendre au final puisqu’il ne s’agit pas d’art.

Nous connaissons tous ces businessman (Jeff Koons, Damien Hirst, Maurizzio Cattelan, Takashi Murakami, Paul McCarthy, Anish Kapoor,…) qui sont au-devant de la scène, soutenus par l’état français quand ils viennent en France, les réseaux financiers mondialisés, des collectionneurs milliardaires et incultes, des galeristes internationaux, des conservateurs et des critiques d’art. Toutes ces personnes agissent de concert pour décider de ce que doit être l’art et masquent de leur arrogance cynique les vrais artistes qui continuent à œuvrer pour leur art loin de cet argent facile qui finit par tout détruire… et n’oublions pas la complicité des médias qui ne s’intéressent qu’aux prix des œuvres et au buzz qui en découle.

Après l’affligeant (je n’ose pas dire «le merdique ») plug anal de Paul McCarthy tout juste bon à affoler les grenouilles de bénitier et qui n’est qu’une imposture aussi monumentale que le plug lui-même et aussi vide de sens qu’il était rempli d’air, je pense bien évidemment à Anish Kapoor et à son pitoyable « Dirty Corner », monstrueuse plaie purulente infligé au magnifique jardin du Château de Versailles (le pauvre André Le Nôtre a dû se retourner dans sa tombe) et vandalisé à plusieurs reprises par des étriqués neuronaux à l’idéologie nauséeuse mêlant monarchie, antisémitisme et autre « Christ Roi » pathétique. Mais cela n’enlève rien au fait que ce « Con de la Reine » n’est rien d’autre qu’un con visuellement malodorant pour incultes mondains et thuriféraires de cette nouvelle religion appelée « art contemporain », véritable renaissance du Veau d’Or. Anish Kapoor a voulu garder toutes les inscriptions en question permettant ainsi à celles-ci de faire partie intégrante de l’oeuvre alors qu’il les condamnent dans le même temps, estimant probablement que cela en ferait une œuvre plus forte, ce qui me laisse penser au passage qu’il ne devait pas être vraiment satisfait de son « con » et que les interventions haineuses contre celui-ci lui apportaient un plus, comme si ces inscriptions donnaient plus de sens à sa « chose ». Ce n’est ni plus ni moins qu’une récupération, une instrumentalisation de la régression nationaliste et religieuse qui se réveille un peu partout dans le monde et il y a quelque chose de profondément obscène dans cette volonté de s’approprier à bon compte l’expression de la « bête immonde ». Mais la justice veille et a ordonné que toutes les inscriptions soient recouvertes puisqu’elles sont visibles dans un lieu public et voilà que notre pauvre petit artiste pseudo-transgressif est obligé d’obtempérer. Eh oui, les artistes « comptantpourriens » adorent récupérer les propos ou les actes de ceux qui les attaquent, y compris même quand ces derniers représentent le pire, tout en les condamnant. Une telle hypocrisie et un tel cynisme ont de quoi nous laisser pantois mais nous comprenons alors que la transgression artistique a des limites, celle de la loi, et que donc, toutes ces soi-disant provocations et transgressions ne sont que des illusions, des « foutages de gueule » juste bons à donner des frissons de pacotille à ceux qui se prennent pour des rebelles alors qu’ils ne font que vénérer le système qu’ils prétendent combattre.

Loin d’un intellectualisme stérile, exacerbé et vide de sens, au trash d’une facilité pitoyable en passant par la fausse provocation/transgression ou autre critique du monde tel qu’il est et loin de la spéculation financière internationale et du cirque médiatique inféodé à cette dernière, de vrais artistes, avec un réel et profond cheminement intérieur continuent à œuvrer. De nombreux peintres et sculpteurs s’adonnent à leur art malgré toutes les difficultés rencontrées. Qu’ils peignent ou sculptent dans des ateliers dignes de ce nom ou dans des lieux improbables plus ou moins délabrés quand ce n’est pas dans un coin de leur salon, tous ces artistes savent encore ce que les mots « beauté » et « émotion » veulent dire. Je suis assez éclectique dans mes goûts et j’aime aussi bien les artistes qui se situent dans une veine « expressionniste » que ceux qui ont opté pour une facture plus « traditionnelle », dans la lignée des maîtres anciens. Nombre d’artistes ont le feu sacré, s’adonnent pleinement à leur art et j’ai simplement voulu, à travers mon blog « Artys », témoigner de leur richesse intérieure et de leur talent à nous parler de l’humain dans toutes ses composantes et de la nature dont nous faisons partie intégrante et au sein de laquelle nous vivons (malheureusement de moins en moins).

D’un expressionnisme d’une grande force plastique fait d’enchevêtrements de traits incisifs, exacerbés, violents, allant d’un visage souffrant à l’apaisement en passant par l’extase (Catherine Duchêne, Aurore Lephilipponnat, Liza Vodyanova) jusqu’à la défiguration quand les corps et les visages aux contours affirmés, estompés ou fantomatiques ne sont plus qu’ébauchés, inachevés, méconnaissables ou défigurés (Antoine Correia, Jérôme Delépine, Isabelle Vialle) à un art d’une facture plus « classique » (Gabriella Benevolenza, Goxwa, Maria Kreyn, Georges Mazilu, Armen Saakyan) sans oublier ces autres peintres et sculpteurs sur lesquels j’ai également écrit (Omer Amblas, Katarina Axelsson, Laurent Bouro, Thierry Dalat, Violaine Dejoie-Robin, Anne Gaiss, Evelyne Galinski, Nathalie Gauglin, Patrice Giorda, Odile Jaouen, Ruta Jusionyte, Sandrine Paumelle, Anne Pourny, SylC, entre d’autres), l’art de ces artistes d’aujourd’hui est une source inépuisable d’émotions, de réflexion, et même de méditation, pour qui sait regarder.

Que ce soient des corps et des visages qui s’éloignent des canons habituels de la beauté ou qui en sont la parfaite incarnation, qu’ils s’agissent d’êtres humains mélancoliques, étonnés, solitaires, affectueux, désespérés, rêveurs, curieux, interrogateurs, angoissés, perdus, attentionnés, amoureux, hagards, joyeux, pensifs, les œuvres de ces artistes nous donnent à voir toute la gamme des sentiments humains. Entre tensions frénétiques et passionnées, violence sourde, douceur empreinte de mélancolie et charnel profondément sensuel, ce qui caractérise tous ces personnages peints ou sculptés est leur présence charismatique, leur introspection exaltante qui va au-delà des apparences, au-delà de la peau, quand la dualité du corps et de l’esprit s’estompe pour atteindre l’âme de l’être humain dans toute sa véracité et nous laisser la possibilité de devenir les témoins privilégiés de leurs sentiments et de leur cheminement intérieur. D’autres artistes nous donnent à voir des paysages sylvestres, des arbres, des fleurs, des mousses, des étangs ou des routes et, comme pour les figures, le geste peut être spontané ou maîtrisé, les couleurs vives ou sombres, aux tons subtils et nuancés, la toile lisse ou matiériste, transparente ou opaque. Réaliste, fantastique, douce, violente, lumineuse, sombre, mystérieuse, la nature exprime toutes ses facettes sous leurs pinceaux. Originelle et enchanteresse ou soumise à la volonté des hommes, elle demeure le lieu où réalité, imaginaire et onirisme se fondent dans une simplicité poétique d’une grande force pérenne, véritable creuset alchimique et symphonie visuelle, métaphore de la psyché humaine.

L’amour de peindre ou de sculpter de tous ces artistes est manifeste à travers leur authentique et réelle sensibilité. Cet amour est une force qui déchire le voile des apparences, nous montre les liens étroits qui unissent la création artistique et la nature, nous interroge sur notre cheminement personnel et le sens que nous donnons à celui-ci, une force qui permet l’expression de la quête inlassable de l’artiste pour atteindre l’essence même de l’être humain et de la nature au sein de laquelle il évolue et à laquelle il appartient même s’il n’en a plus vraiment conscience. Le silence éloquent de ces peintures et de ces sculptures nous emmène hors du temps qui passe et des nuisances sonores lancinantes qui l’accompagnent, c’est-à-dire au cœur même de celui-ci, ce moment infinitésimal qui est notre seule éternité et qui nous permet d’entrevoir et même peut-être d’atteindre notre véritable nature au-delà de notre mental dont nous sommes les prisonniers. C’est en ce sens que le véritable art est spirituel (au sens de « vie de l’esprit ») et que la beauté (ce qui procure une émotion profonde et bouleversante et non pas la simple joliesse qui n’est qu’apparence) nous amène à la vérité loin de tous les carcans dogmatiques que l’humanité prend un malin plaisir à inventer pour s’enfermer dans une vision étriquée, obscurantiste, et donc pernicieuse de la vie. C’est également en ce sens que la beauté et l’art peuvent libérer les êtres humains de toutes les souffrances qu’ils s’infligent à eux-mêmes et, au-delà de l’art, c’est la beauté qui peut les amener à la vérité puisque celles-ci ne sont qu’une seule et même chose.

Stéphane Richard

Omer Amblas.

Omer Amblas.

Katarina Axelsson

Katarina Axelsson

Gabriella Benevolenza

Gabriella Benevolenza

Laurent Bouro

Laurent Bouro

Antoine Correia

Antoine Correia

Thierry Dalat

Thierry Dalat

Violaine Dejoie-Robin

Violaine Dejoie-Robin

Jérôme Delépine

Jérôme Delépine

Catherine Duchêne

Catherine Duchêne

Anne Gaiss

Anne Gaiss

Evelyne Galinski

Evelyne Galinski

Nathalie Gauglin

Nathalie Gauglin

Patrice Giorda

Patrice Giorda

Goxwa

Goxwa

Odile Jaouen

Odile Jaouen

Ruta Jusionyte

Ruta Jusionyte

Maria Kreyn

Maria Kreyn

Aurore Lephilipponnat

Aurore Lephilipponnat

Georges Mazilu

Georges Mazilu

Sandrine Paumelle

Sandrine Paumelle

Anne Pourny

Anne Pourny

Armen Saakyan

Armen Saakyan

SylC

SylC

Isabelle Vialle

Isabelle Vialle

Liza Vodyanova

Liza Vodyanova

Je fête les 3 ans de mon blog et, à cette occasion, j'ai voulu vous parler de ce que je n'aime pas et de ce que j'aime en matière d'art... Vous pouvez retouver les textes (parmi d'autres) que j'ai écrits concernant les artistes dont vous venez de voir les oeuvres ci-dessus sur mon blog ARTYS (http://arts.artys.overblog.com).

Publié par Stéphane Richard sur

Photographe et artiste numérique norvégienne, Daria Endresen nous dévoile, à travers ses photographies (essentiellement des autoportraits), son univers intérieur pour le moins fécond et singulier. Une atmosphère onirique et fantastique se dégage de celles-ci, oscillant entre sublimation de la douleur et beauté éthérée. Ces corps torturés, souffrants, solitaires, abandonnés, ne relèvent ni d’un glauque suranné ni d’un sadisme usé jusqu’à la corde et une quasi absence de sang en témoigne si besoin était. Ils nous apparaissent inaccessibles, à la fois hors du temps, énigmatiques, envoûtants, et, même si des sentiments troubles se bousculent en nous, nulle noirceur ne se dégage de ces portraits parfois mélancoliques qui semblent tout droit sorties d’un rêve.

Ces corps de femmes empreints de sensualité, et dont la blancheur de la peau évoque la pureté et l’innocence de notre condition première, sont le prolongement et l’expression du subconscient de l’artiste et du combat intime qu’elle mène dans sa recherche éperdue, non pas seulement de sa féminité, mais également de sa véritable nature d’être humain. Le corps devient la métaphore de cette quête qui est non seulement la sienne mais celle de chacun d’entre nous, tiraillés que nous sommes entre ombres et lumière, entre souffrance et espoir, entre chaos et rédemption, quand une réelle et profonde intériorité nous guide. Une quête essentielle et spirituelle pour nous libérer de nos superstitions, de nos peurs, de nos croyances absurdes, des dogmes insensés qui nous enferment dans une vision fausse et délétère de la vie, prisons intimes symbolisées notamment par des fils dans certaines de ses photographies ou par l'ablation d'ailes dans telle autre, nous réduisant au rôle de simple pantin et nous empêchant d’être ce que nous sommes en vérité.

Ni peur ni désespoir dans cet univers surréel où le corps lui-même semble n’être qu’un songe, l’âme et la chair ne faisant plus qu’un dans un entre-deux mondes où le réel le dispute à l’imaginaire. L’art de Daria Endresen est une fascinante allégorie du combat titanesque qui est à l’œuvre dans chaque destinée humaine pour se libérer de l’ignorance nourrie par les limites de notre mental et par l’obscurantisme qui en découle. Il est un chemin initiatique à fleur de chair qui évite l’écueil de la morbidité, un art d’un grand esthétisme où le mystère demeure entier et fait office de maïeutique.

Stéphane Richard

Crédit photo Daria Endresen

Crédit photo Daria Endresen

Crédit photo Daria Endresen

Crédit photo Daria Endresen

Crédit photo Daria Endresen

Crédit photo Daria Endresen

Crédit photo Daria Endresen

Crédit photo Daria Endresen

Crédit photo Daria Endresen

Crédit photo Daria Endresen

Crédit photo Daria Endresen

Crédit photo Daria Endresen

Crédit photo Daria Endresen

Crédit photo Daria Endresen

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Crédit photo Daria Endresen

Crédit photo Daria Endresen

Crédit photo Daria Endresen

Crédit photo Daria Endresen

Crédit photo Daria Endresen

Crédit photo Daria Endresen

Crédit photo Daria Endresen

Vous pouvez retrouver Daria Endresen sur son site: www.dariaendresen.com.

Publié par Stéphane Richard sur

Entre symbolisme et expressionnisme, entre introspection sans concession et réalité brute, la peinture de Patrice Giorda nous bouscule en profondeur. Il ne se contente pas de reproduire le réel auquel il fait face mais nous convie à suivre son propre cheminement intérieur dans sa perception du monde extérieur. Doté d’une gestuelle énergique et d’un sens aigu des couleurs, il projette sur la toile des images d’une grande force plastique et puissamment émotionnelles, parfaites symbioses du réel et de son monde intérieur. Qu’il s’agisse de paysages, de natures mortes, de fleurs, d’arbres, d’un banc, d’une chaise ou de la mer, nous ne pouvons restés insensibles aux sentiments exacerbés qui s’expriment sur ses toiles, à la rapidité d’exécution qui les font naître, et aux couleurs tour à tour éclatantes ou sombres, naissant et s’épanouissant entre ombre profonde et lumière flamboyante.

L’artiste nous donne à voir une peinture foisonnante de vie, habitée par ses propres tourments, violente parfois, naviguant entre rêve et réalité, une peinture où formes et couleurs se disputent la primauté dans un rythme envoûtant qui nous emporte bien au-delà de ses tableaux, vers notre propre appréhension de la réalité et nos ressentis intimes en perpétuel conflit avec celle-ci. Son art est une quête intérieure doublée d’une ode aux forces premières de l’esprit et de la nature et à laquelle nous sommes conviés. Il retient ce qu’il y a de tangible et d’immuable dans la nature (y compris les créations humaines), l’inscrit sur la toile dans l’espoir (vain?) d’en garder une trace, de forger une mémoire, tel un acte de rébellion face à la fugacité du temps qui s’écoule de manière irrémédiable… à l’éphémère qui nous mène à l’oubli.

Stéphane Richard

Patrice Giorda
Patrice Giorda
Patrice Giorda
Patrice Giorda
Patrice Giorda
Patrice Giorda
Patrice Giorda
Patrice Giorda
Patrice Giorda
Patrice Giorda

. Le Plateau, l’espace d’exposition de la Région Rhône-Alpes (1 esplanade François Mitterrand, 69 269 Lyon - 04 26 73 40 00) présente une rétrospective jusqu’au 25 juillet prochain des quelques trente années de peinture (1983-2015) du peintre lyonnais Patrice Giorda à travers quarante-sept tableaux et une centaine d’esquisses, dessins, encres de Chine et pastels.

Jusqu'au 25 juillet 2015. Ouvert du lundi au vendredi de 10h00 à 18h00 et le samedi de 10h00 à 19h00.

. Vous pouvez également retrouver Patrice Giorda sur son site: www.giorda.fr.

Publié par Stéphane Richard sur

D’origine russe, Maria Kreyn, après avoir mené des études d’art, de mathématiques et de philosophie à Chicago, part vivre à New York pour s’adonner à la voie qu’elle a finalement choisi, celle de la peinture. S’inscrivant dans la lignée des maîtres anciens d’un point de vue des techniques utilisées et de sa vision de la peinture, et dotée d’une gestuelle qui fait d’elle une artiste aux œuvres intemporelles, elle est la digne héritière des peintres qui, depuis des siècles, recherchent la beauté au-delà des simples apparences, bien souvent trompeuses, au bénéfice d’une réelle et profonde intériorité.

Exploratrice infatigable de son art profondément humaniste et sensible, Maria Kreyn appartient à cette catégorie de peintres qui nous prouvent que la beauté est toujours de ce monde en dépit de toutes les attaques qu’elle subit. Amoureuse de la beauté et des émotions qui en découlent et travaillant ses toiles jusqu’à trouver l’harmonie picturale recherchée dans un raffinement de couleurs aux tons subtils et nuancés, elle s’intéresse avant tout à la figure humaine. Sa peinture, charnelle et profondément sensuelle, baigne dans une lumière d’une douceur éthérée qui exalte les expressions des visages et leur donne la sensation du vivant. D’une beauté sobre et distinguée, parfois voluptueuse, les figures de la peintre, imprégnées de profonds sentiments d’une grande intensité, provoquent en nous un état propice à la contemplation et nous révèlent ce que nous savons depuis toujours, à savoir que la beauté nous amène à la vérité et que celles-ci ne sont qu’une seule et même chose.

Stéphane Richard

Maria Kreyn
Maria Kreyn
Maria Kreyn
Maria Kreyn
Maria Kreyn
Maria Kreyn
Maria Kreyn
Maria Kreyn
Maria Kreyn

Vous pouvez retrouver Maria Kreyn sur son site: www.mariakreyn.com.

Publié par Stéphane Richard sur

« Les Fumées », tel est le nom que donne Etienne Gros à ses créations faites avec la fumée qui se dégage des flammes de bougies ou de lampes à pétrole dotées de mèches plates ou rondes de tailles variées afin d’obtenir des effets contrastés sur la feuille de papier blanc. Délaissant ses pinceaux, il remplace ceux-ci par le feu et, tel l’alchimiste transformant le plomb en or, métamorphose le carbone en matière propice à l’acte de création. Il se confronte à une nouvelle pratique d’une grande exigence tant la concentration et la maîtrise du geste sont nécessaires pour mener à bien le processus qui révèlera ou non la figure recherchée. Celle-ci apparaît petit à petit mais deviendra-t-elle corps ou bien le geste de l’artiste conjugué aux déplacements aléatoires de la flamme détruiront-ils de façon irrémédiable l’œuvre en train de naître sous ses yeux comme tant d’autres avant elle? En effet, il déplace la feuille au-dessus de la flamme qui vacille de temps à autre, sans prévenir, indomptable et rebelle de par sa nature même, ne se souciant nullement de celui qui s’efforce de dessiner avec les traces de carbone par elle libérées et qui viennent comme s’échouer délicatement à la surface du support. Une forme recouvre le blanc du papier, est-ce celle qu’il désire? Le temps est comme suspendu, moment intense, le dessin qui naît sous ses gestes n’est pas celui attendu et il sait qu’aucun repentir n’est possible. De nombreux échecs donc mais il s’obstine, puis, au milieu de tous ceux-ci, les corps nus d’une ou de deux femmes apparaissent. La flamme et ses volutes de fumée ont daigné suivre les intentions de l’artiste. Etienne Gros irait-il jusqu’à dire que la flamme, partie prenante de l’acte créateur, est co-créatrice de l’œuvre achevée?

Stéphane Richard

Etienne Gros
Etienne Gros
Etienne Gros
Etienne Gros
Etienne Gros
Etienne Gros
Etienne Gros
Etienne Gros
Etienne Gros
Etienne Gros
Etienne Gros
Etienne Gros

. Galerie Sparts (01 43 26 05 44).

41 rue de Seine, 75 006 Paris.

Jusqu’au 25 avril 2015.

Ouvert du mardi au samedi de 14h30 à 19h30.

 

Vous pouvez retrouver Etienne Gros sur son site: www.etiennegros.com.

Publié par Stéphane Richard sur

Peintre éminemment symboliste, Georges Mazilu s’inscrit de manière magistrale dans la longue histoire de l’art occidental et nous fait irrésistiblement penser à l’univers pictural de Jérôme Bosch. D’une grande richesse chromatique tout en nuances et en subtilité, les tableaux du peintre nous montrent différents personnages pour le moins pittoresques. Qu’il s’agisse de portraits d’une grande beauté ou d’êtres hybrides provenant d’un bestiaire fantastique, ces personnages nous offrent toutes les palettes des sentiments et des comportements humains. Les fonds, de couleurs sombres et sans éléments anecdotiques pour nous distraire de l’essentiel, les mettent en valeur et nous amènent ainsi à nous concentrer sur leurs physionomies, leurs gestes et les relations qu’ils entretiennent entre eux ou avec des êtres étranges mi-humain mi-animal. Ils posent, seuls ou en couple, tels des aristocrates des temps jadis, jouent aux cartes, s’adonnent à la musique ou se préparent à d’éventuels jeux sexuels dont nous ne savons pas s’ils se concrétiseront ou non.

Les scènes représentées, mystérieuses et fascinantes, semblent être allégoriques, voire ésotériques, provoquant notre curiosité et nous donnant des frissons tant il nous semble assister à des événements auxquels nous ne sommes pas conviés, ignorants que nous sommes de ce qui se trame devant nous. Certaines scènes peuvent nous rappeler nos propres vies mais nous sentons bien qu’il y a beaucoup plus à comprendre que ce que nous voyons et que la réelle signification de l’action nous échappe comme si celle-ci était réservée à des initiés. La magnifique lumière qui éclaire ces énigmatiques figures donne une grande force plastique à l’image mais ne nous dévoile aucunement le mystère qui s’y rattache même si celui-ci nous effleure de sa présence. Georges Mazilu nous plonge, à travers une peinture intemporelle et d’une beauté indéniable, au cœur d’une humanité en proie à l’ennui, au doute, à la peur, à l’absurde de l’existence, à sa fragilité et aux subterfuges qu’elle invente pour y échapper. En vain. Ses tableaux, miroirs de nos propres vies, nous font prendre conscience du chemin indicible qui mène à ce qui est de toute éternité, à ce qui sous-tend et au sens profond de nos vies, au-delà du divertissement, de l’apparence et du temps qui passe. Libre à nous de l’emprunter.

Stéphane Richard

 

 

Georges Mazilu
Georges Mazilu
Georges Mazilu
Georges Mazilu
Georges Mazilu
Georges Mazilu
Georges Mazilu
Georges Mazilu
Georges Mazilu
Georges Mazilu
Georges Mazilu
Georges Mazilu
Georges Mazilu
Georges Mazilu
Publié par Stéphane Richard sur

S’inscrivant dans la lignée des peintres des siècles passés, Gabriella Benevolenza est l’héritière d’une longue tradition picturale qui perdure envers et contre tout (en parallèle de l’art dit « contemporain ») pour notre plus grand bonheur. Virtuose, sensible et élégante, sa peinture est l’expression parfaitement maîtrisée d’une profonde intériorité qui s’épanche (dans le sens de « se confier ») magistralement sur la toile. Dans des décors épurés et d’une sobre simplicité, les femmes solitaires peintes par l’artiste baignent dans un silence apaisant loin du bruit et de la fureur de notre environnement quotidien et nous convient à partager des moments de calme propices à la méditation.

Rêveuses, attentionnées, sensuelles ou pudiques, joyeuses ou en pleine réflexion, ces femmes, belles et attachantes, nous ravissent d’autant plus que plus nous les regardons, plus nous avons l’impression de les connaître personnellement. Elles nous font part de leur intimité, sans voyeurisme aucun, et partagent avec nous leurs différents états d’âme comme elles pourraient le faire avec un proche. La richesse chromatique tout en subtilité et en nuances de l’image proposée, la douce lumière qui s’en dégage et l’atmosphère chaleureuse qui en découle amplifient la présence éloquente de ces femmes en attente de ce que leur apportera les hasards et les caprices de la vie et accentuent cette sensation prégnante de relation privilégiée qui nous envahit avec notre accord tacite. Les peintures d’une grande beauté et puissamment émotionnelles de Gabriella Benevolenza appartiennent à cette catégorie d’œuvres d’art raffinées qui éveillent en nous des sentiments nobles et nous rassérènent face à l’adversité.

Stéphane Richard

Gabriella Benevolenza
Gabriella Benevolenza
Gabriella Benevolenza
Gabriella Benevolenza
Gabriella Benevolenza
Gabriella Benevolenza

Vous pouvez retrouver Gabriella Benevolenza sur son site: www.gabriella-benevolenza.odexpo.com.

Publié par Stéphane Richard sur

Peintre abstraite, Odile Jaouen crée des compositions au sein desquelles s’inscrivent des signes/traits/cercles puissants et protéiformes, précurseurs ou conséquences d’un chaos originel, et dotées d’une énergie débordante. Chacune de ses peintures est un univers à part entière, foisonnant, mystérieux, et une source inépuisable pour notre imaginaire qui se délecte de la richesse des émotions ressenties et des interprétations que nous pouvons faire de ces « paysages » qui émergent avec vigueur de la main de l’artiste en pleine création. Nous sommes troublés dans notre vision de la réalité face à ces mondes picturaux étranges et fascinants qui semblent issus à la fois d’une parfaite maîtrise gestuelle et d’une réelle spontanéité.

Au-delà des apparences, de ces signes qui s’ignorent, se chevauchent ou s’entremêlent, au-delà de ce qui peut-être perçu comme une lutte entre les différents éléments de l’image, se dessine néanmoins un équilibre profond qui émane de celle-ci. Certitudes et énigmes, conflits ou complémentarités, ces oppositions ne sont que l’écume factice de ce que nous pensons être la réalité. Tout le talent de l’artiste est de nous amener à prendre conscience de ce monde sous-jacent, porteur de sens, en perpétuel mouvement, sans possibilité de l’enfermer dans une quelconque vision définitive sous peine de le réduire à une simple définition mentale, de le voiler, de le trahir.

Stéphane Richard

Odile Jaouen
Odile Jaouen
Odile Jaouen
Odile Jaouen
Odile Jaouen
Odile Jaouen
Odile Jaouen
Odile Jaouen
Odile Jaouen
Odile Jaouen

. Espace d’art Café des Négociants.

26 rue Alsace-Lorraine, 44 400 Rezé.

Du jeudi 29 janvier au dimanche 8 février 2015. (Exposition collective).

Du jeudi au samedi de 14h00 à 19h00. Le dimanche de 11h00 à 18h00.

Vous pouvez retrouver Odile Jaouen sur son site: odile-jaouen.fr.

Publié par Stéphane Richard sur

Forêts, sous-bois, arbres, troncs, racines parfois apparentes, herbes, plantes, ou petite étendue d’eau, les peintures de Sandrine Paumelle sont un hommage rendu à Dame Nature, à son mystère à la fois proche et inatteignable, et une métaphore de la psyché humaine. Elle enfouit les photographies dans la terre nourricière puis les déterre, les voici donc imprégnés d’une histoire faite de minéralité, d’argiles, d’oxydes métalliques, mais aussi d’oxygène, de gaz carbonique et d’azote. Une histoire unique qui ne pourra pas se répéter à l’identique et qui fixe à jamais un lieu à un moment donné dans l’écoulement du temps. Une fois enlevées à cette terre, la peintre recouvre les photographies devenues supports avec de la peinture acrylique et des pigments qu’elle a elle-même préparés. Elle les peint, les érafle, les griffe, les hachure ou les gratte, des gestes qui en disent long sur le bouillonnement et l’intensité de la vie intérieure et créatrice de l’artiste.

Face à ces tableaux, nous ne savons pas si nous assistons aux prémices de l’aube ou aux derniers rayons de soleil avant la venue de la nuit et peu importe à vrai dire. Seul compte le magnifique dévoilement de cette nature originelle amplifié par une lumière à la fois puissante et sourde que filtrent les brumes et les branches des arbres. Un silence des plus éloquents règne, le temps semble suspendu, à moins qu’il ne s’agisse d’un instant d’éternité qui nous enserre de sa toute puissance, les couleurs sombres baignent dans une lumière étrange et onirique, il s’instaure alors entre nous et ces paysages sylvestres une intimité qui nous touche et nous emporte loin de nos mornes pensées. Les peintures de Sandrine Paumelle nous révèlent, entre ombres et transparences, entre évanescence et profondeur, dans une atmosphère fantastique dotée d’une énergie vibrante, ce chemin ancestral délaissé et oublié que l’humanité entretient avec la nature et dont les arbres sont la mémoire vivante et fidèle.

Stéphane Richard

Sandrine Paumelle
Sandrine Paumelle
Sandrine Paumelle
Sandrine Paumelle
Sandrine Paumelle
Sandrine Paumelle
Sandrine Paumelle
Sandrine Paumelle
Sandrine Paumelle

Vous pouvez retrouver Sandrine Paumelle sur son site: www.sandrinepaumelle.org.

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Artys

“Revue axée sur les Arts Plastiques. ”

Rédigé par Stéphane Richard

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